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Burundi : Une délégation de la Banque Africaine de Développement est en visite officielle dans le pays

Depuis ce lundi, 4 février, une délégation des administrateurs de la Banque Africaine de Développement est en visite officielle au Burundi.  Elle est conduite par René OBAM NLONG, Chef de Délégation et Directeur Exécutif de la BAD pour le Burundi, la République Démocratique du Congo, la République Centrafricaine, le Tchad et le Congo-Brazzaville. Cette délégation été reçue en audience par le Président de la République, Pierre Nkurunziza, le 4 février. A la fin de cette audience, René OBAM NLONG, Chef de Délégation a fait savoir que les échanges faits avec le Président de la République ont été d’une grande portée.

« Le Burundi est un actionnaire important de la Banque Africaine de Développement. Il a aussi participé à l’augmentation du capital de la Banque. Nous avons été reçus par le Président. Nous avions échangé sur les modalités de financement du Plan National de Développement 2018-2027 qui a été élaboré par le Burundi conformément aux Objectifs de Développement Durable. Nos échanges se sont également focalisés sur les domaines classiques de financement de la BAD au Burundi. Nos interventions se rapportent principalement aux infrastructures sociales, à la promotion de l’éducation et de l’énergie dans le pays car le Burundi a un potentiel énergétique assez conséquent », a indiqué, René OBAM NLONG, Chef de Délégation à la presse locale.

Dans cette audience, le Président Pierre Nkurunziza semble avoir séduit la BAD. Celle-ci semble déjà prête à recadrer sa coopération avec le Burundi sans que celle-ci ne passe alors pour bon enfant ; cette délégation lui a rappelé que tout travail de développement est possible que si la paix est préservée.

« Dans nos échanges, nous avons indiqué que la paix est le fondement de tout le développement économique. Nous avions aussi évoqué l’aspect de l’intégration régionale compte tenu de la position stratégique du pays. La Banque est également disposée à accompagner le pays dans son développement. C’est pour cela que la BAD pense déjà à recadrer la coopération avec le Burundi. Ce recadrage va passer par ce qu’on appelle le Document Stratégique qui va aller de 2019 à 2024. La référence sera effectivement le Plan National de Développement », a martelé René OBAM NLONG, Chef de Délégation.  

En Novembre 2018, NDOYE  Daniel, le nouveau représentant de la Banque Africaine de Développement au Burundi avait déjà réitéré l’engagement du groupe de la BAD à appuyer la mise en œuvre du Plan National de développement 2018-2027. Pour le représentant de la BAD au Burundi, la relation entre le Gouvernement du Burundi et cette banque est une coopération de bonne qualité qui date de 1972. La BAD a travaillé avec le Gouvernement du Burundi dans plusieurs secteurs comme le transport, l’énergie, l’agriculture, les finances publiques et bien d’autres secteurs sociaux.

Le Plan National de Développement, quels enjeux ?

 Le Plan National de Développement est désormais le fer de lance du régime en place. Etabli sur une période de dix ans, le Plan National de Développement est plus qu’un instrument qui revendique la souveraineté nationaliste. Etabli au moment où le Burundi s’est engagé sur la voie de la réalisation de sa vision « Burundi 2025 » de l’Agenda 2063, «l’Afrique que nous voulons» de l’Union africaine et de l’atteinte des Objectifs du développement durable à l’horizon 2030, le Burundi a déjà mis en œuvre son premier et deuxième cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté. Jusqu'à maintenant, le gouvernement estime l’importance d’articuler de tous ces instruments jusqu’ à les inscrire dans un nouveau Plan de développement du Burundi sur dix ans, de 2018 jusqu’en 2027. Ce plan avait été symboliquement annoncé, sous une voie insistante, au public le 1er Juillet 2018, lors de la fête de l’Indépendance par le Président Pierre Nkurunziza : «  Nous célébrons les 56 ans de l’Indépendance du Burundi au moment où pour la première fois, nous avons préparé nous-mêmes le Plan National de Développement par des Burundais. Ce plan est étalé sur dix ans, de 2018 à 2027’» a indiqué  Pierre Nkurunziza dans son discours du 1er Juillet 2018.

Ce Plan National de Développement avait suscité des remous chez les observateurs de la politique burundaise. Le politologue Jules Ndabemeye a plutôt livré à la rédaction d’Imburi Phare Media ce qui peut être le sens de ce Plan National de Développement alors que le pays dispose d’autres textes de référence comme la CSLP II. 

«Dans ce Plan National de Développement, le Président a  proposé une stratégique qu’il pense venir relever les défis en cours. Devant les austères réalités de la situation du pays conséquente à la crise socio-institutionnelle de 2015, le Président entrevoit la nécessité de transformer l’indépendance nominale par une indépendance économique et politique réelle car le pays est confronté à des conditions matérielles et techniques particulièrement difficiles, d’où il admet la nécessité de nouvelles lignes de conduite et de nouvelles mesures. Ses préoccupations dominantes restent, d’une part, la stabilité et l’efficacité des institutions et, d’autre part, le développement économique et social. La politique intérieure et extérieure obéit à ces impératifs. Il aura ainsi réussi à asseoir sa légitimité plus que jamais remise en cause depuis la crise de 2015 et par les échecs des réformes  de développement jusqu’ici entreprises qui ont été l’un des enjeux qui ont conduit à cette crise. A partir du moment où les problèmes sont correctement posés, nous voyons que, malgré la tourmente ces années d’incertitudes pour le pays ; la situation nous impose d’affronter la réalité dans son extrême complexité. » conclut-il.

Ce Plan National de Développement doit également mettre l’accent, d’une part, sur l’interaction entre le leadership et la société à travers des structures spécifiques et, d’autre part, sur l’interdépendance du politique, de l’économique, du social et du culturel dans un processus de développement général et de coopération maximale.

 « Les défis restent nombreux pour assurer de bonnes transformations économiques et sociales. La réussite de ce Plan National de Développement exige un investissement de toutes les ressources possibles. Il n’existe pas de recettes miracles. La justesse d’une politique, la qualité de ses cadres et l’efficacité de ses projets ne peuvent se traduire en résultats durables que si toutes les virtualités de l’environnement national et international du pays et toute l’expérience de sa population, héritière d’une longue expérience historique, sont mobilisées et mises en valeur», conclut le politologue.

Gaudence Uwineza 


"Burundais des 90's" -Invitation