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Burundi : les relations tendues avec certains pays au sein de l’EAC entravent le bon fonctionnement de la communauté régionale

Résultat de recherche d'images pour "communauté est africaine museveni nkurunziza"Le Burundi est l’un des pays de l’EAC qui entretient des relations diplomatiques très mouvementées ces derniers jours avec certains des pays de ce bloc suite à la crise née du troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza. Les allégations formulées a l’encontre du Rwanda, les échanges tendues entre Museveni et Pierre Nkurunziza tout au long du mois de décembre 2018, les cotisations non payées du Burundi qui s’élèvent à plus de 24 millions de dollars, tout cela montre à quel point les relations entre les Etats de ce bloc sont aujourd’hui moins bonnes.  

La situation devient de plus en plus complexe

Cette fois-ci, la situation se complique du jour au lendemain. Selon les informations fournies par nos confères du réseau SOS Media Burundi, ce vendredi, 25 janvier       

« L’Ouganda ne laisse plus les Burundais entrer facilement sur son territoire. Une cinquantaine de Burundais ont été interceptés à la frontière burundo-tanzanienne de kobero jeudi soir » indique le réseau.  Pour SOS Media : « d’autres Burundais ont été empêchés d’entrer sur le sol ougandais, il y a deux semaines » En décembre 2018, un groupe de 350 enfants ougandais a été empêché d'entrer au Burundi pour la compétition de dépistage de la zone africaine du 15 au 20 décembre. La compétition rassemblait des contingents éthiopiens, ougandais,  kényans et burundais, les rwandais s’étant abstenus d’y participer. Des observateurs avisés estimaient que cette situation était liée aux relations de plus en plus dures Kampala et l’Ouganda. Les deux Présidents venaient de faire des échanges épistolaires sur la situation au sein de l’EAC. Dans ces échanges, le Président Museveni affirmait que l’EAC avait le droit le garantir la paix au Burundi, ce que le Président Pierre Nkurunziza jugeait d’ingérence.

Cette situation s’observe aussi du côté de la frontière rwando-burundaise de Ruhwa, en province de Cibitoke, à l’Ouest du pays. Les informations dont détient la rédaction d’Imburi Phare Media disent que le Rwanda ne permet pas non plus l’entrée facile des burundais sur son territoire au niveau de la frontière de Ruhwa qui sépare les deux pays. SOS Media parlait déjà, ce 22 janvier 2019, de tensions entre les militaires burundais et rwandais. Cela a été précédé par la décision des autorités rwandaises prises au début de ce mois de janvier. Cette décision concernait l’interdiction de circulation de véhicules immatriculés du Burundi vers le Rwanda à travers la frontière de Ruhwa bien qu’ils détenaient l’assurance de COMESA. Plutôt « Elle est conséquente à un comportement d’un commissaire burundais qui aurait tabassé des chauffeurs rwandais qui venaient du Burundi vers le Rwanda. » martèle le réseau SOS Media, le 3 janvier courant. Béatrice  Kaderi, Administrateur de la commune Rugombo  estimait que le Rwanda est un pays indépendant et souverain : «S’il décide de fermer ses frontières, nous ne pouvons rien faire pour changer sa décision» a-t-elle indiqué à Burundi forum, le 16 janvier 2019. 

Des problèmes qui perdurent alors que l’Agenda pour l’intégration est chargé

Cela étant, la problématique d’intégration avance ; du moins selon l’agenda du prochain sommet ordinaire des Chefs d’Etats de l’EAC prévu ce 1er féévrier 2019 à Arusha, en République Unie de Tanzanie.

 «Lors de ce sommet, les Chefs d’Etats vont accorder la priorité à la résolution des obstacles non tarifaires en suspens de longue date; évaluer le rapport d'avancement sur l'adoption de la confédération politique en tant que modèle de transition pour la fédération politique de l'Afrique de l'Est. Parmi les autres points à l'ordre du jour figurent  la feuille de route pour l'intégration accélérée de la République du Soudan du Sud dans la « EAC » et l'examen de vérification de l'admission de la République de Somalie au sein la Communauté. Les chefs d’État devraient également approuver des projets de loi clés, notamment le projet de loi sur le contrôle des matériaux en polyéthylène de l’EAC qui prévoit désormais que la région dispose d’un cadre commun pour l’élimination de l’utilisation des sacs en plastique » comme l’indique le journal en ligne Rwanda podium. Cet agenda n’a pas été changé sauf que le Burundi compte imposer un ajout.

En effet, le Burundi compte exiger qu’il y’ait un sommet extraordinaire sur les relations tendues entre le Burundi et le Rwanda. C’est le porte-parole du Président de la République, Jean-Claude Karerwa Ndenzako qui l’a bien signifié. « Ce sommet sera aussi une occasion de rappeler aux Chefs d’Etats de l’EAC que la situation entre le Burundi et le Rwanda va mal. Donc, pour normaliser encore une fois leurs relations, il faudra qu’il y ait un sommet extraordinaire sur cette question. Nous l’avions tant de fois dit. C’est le Rwanda qui est la source même de cette question. », fait savoir le porte-parole de la Présidence dans une interview accordée aux journalistes de la Radiotélévision Nationale, le 17 mai courant.

Malgré ces relations difficiles entre les Etats de l’EAC, d’autres estiment que l’intégration reste un outil  de diversification de l’économie. C’est  même l’avis  nouveau président de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi qui compte demander l’intégration de son pays au sein de l’EAC. « Nous envisageons l’intégration de la République démocratique du Congo à la Communauté des États d’Afrique de l’Est, l’EAC dont la majorité des pays membres sont frontaliers et avec lesquels nos citoyens, à l’Est du pays, engagent des échanges économiques importants depuis plusieurs décennies les opérateurs économiques de l’Est exportent et importent leurs marchandises à partir du port de Mombassa au Kenya et de Dar-es-Salaam en Tanzanie. La Communauté économique de l’Afrique de l’Est offre des avantages tarifaires et douaniers», a-t-il déclaré au journal Kivu Press, ce vendredi, 25 janvier, tout en soulignant que cette intégration au bloc de l’Afrique de l’Est est un atout pour le développement de la RDC, tout en affirmant que la politique étrangère de la RDC sera désormais axée sur une véritable approche de partenariat stratégique au bénéficie de la population congolaise, ce qui justifie l’impératif nécessité de l’EAC de s’ériger en une influente espace économique du 21eme siècle.

Gaudence Uwineza


Journal Ukuri n°151

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