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Burundi: la Tanzanie exprime son mea-culpa sur les kits militaires trouvés dans l'aide alimentaire destinée aux réfugiés burundais en Tanzanie

L’affaire de distribution de 1947 tenus militaires semblables à ceux de la République Unie de Tanzanie constitués en aides venus de Japon pour les réfugiés burundais des camps de Mutendeli et Nduta, en province de Kigoma vient déranger les relations diplomatiques entre le Burundi et la Tanzanie.

D’emblée, c’est un peu comme un mea-culpa du gouvernement tanzanien. Celui-ci semble avouer son inattention. En effet, ce dimanche, 13 janvier 2019, le ministre tanzanien de l’Intérieur, M. Kangi Lugola, a tenu une conférence de presse à l’endroit de la presse locale sur cette affaire. Dans son discours, il a tenu à expliquer d’abord l’objectif de cette conférence . Avant tout, c’est pour que la République Unie de Tanzanie et le Burundi gardent les bonnes relations d’Etats voisins. 

Selon le ministre Kangi Lugola, « pour que la Tanzanie demeure en paix et que cette affaire ne se reproduise nulle part au monde, j’ai pris une décision de suspendre en fonction certaines personnes en charge des affaires des refugiés aux camps de Nduta et Mutendeli en province de Kigoma. Cette décision a été prise pour que tout le monde sache que les aides destinés aux réfugiés doivent être minutieusement fouillées avant leur distribution et ce, depuis leur lieux de provenance jusqu’aux lieux de destination», indique le Ministre  Kangi Lugola.

Ensuite, le ministre Kangi Lugola regrette par ailleurs que le Burundi puisse ne pas accepter les justifications faites par la Tanzanie. Pour lui, cette affaire est d’une portée diplomatique assez considérable. Et pour montrer le degré de son ampleur et la volonté d’honorer le principe sacro-saint de bon voisinage entre les deux Etats, le Ministre a fait savoir qu’il a enfin décidé de licencier les autorités impliquées dans cette affaire et ordonné qu’une enquête sérieuse doit être menée et lui parvenir endéans dix jours pour qu’il saisisse encore le fond de cette affaire.

«Nous étions en train de continuer le processus de rapatriement des réfugiés  burundais qui sont sur notre territoire. Mais, à cause de cette affaire, le gouvernement burundais peut douter sur notre intention. Il peut aller à penser que le gouvernement de la République unie de Tanzanie entretient et forme des groupes armés sur son sol à travers les réfugiés qu’il a accueillis ; ce qui sera inacceptable pour le Burundi. Pour ce, j’ai pris la décision de licencier les personnes impliquées dans cette affaire et demandé qu’une enquête doit minutieusement menée pour que les responsabilités soient encore établies », ajoute le Ministre de Kangi Lugola.

Ces réactions du gouvernement tanzanien se font au moment où cette affaire a été relevée il y a quatre jours par des officiels tanzaniens qui travaillent dans des camps des réfugiés burundais se trouvant à Nduta et Mutendeli en République Unie de Tanzanie.

« C'est grâce à nos informateurs dans les deux camps de réfugiés burundais que nos éléments ont eu connaissance de l'information. Nous avons saisi 1347 tenues militaires. Certaines sont semblables à celles que portent les militaires burundais mais d'autres nous sont inconnues jusqu'à cette heure-ci »,  a déclaré le conseiller au bureau du gouverneur régional, une information que la rédaction d’Imburi Phare doit à nos confrères de SOS Media. Des informations qui ont été vite relayées par les réseaux sociaux parlent aussi des personnes qui ont été arrêtées dans cette affaire ; et une ONG locale a été pointée du doigt pour avoir servi de relais.  «A notre connaissance, l'entrée clandestine de ces tenues a été facilitée par une ONG qui se dit humanitaire. Nous continuons notre enquête», a indiqué à SOS Media l'officiel tanzanien sans nommer l'ONG.

Bien que le nombre de ces tenues diffère selon les réactions des autorités locales,  les autorités tanzaniennes estiment que ces tenues avaient une destination criminelle, selon l’administration de Kigoma. Pour les réfugiés burundais vivant dans ces deux camps de réfugiés, ceux-ci estiment plutôt qu’il s’agirait d’une diversion de Bujumbura pour créer une peur panique au sein de leurs communautés de réfugiés.  De leur part, les autorités burundaises n’ont pas encore officiellement réagi à cette affaire.

Avec ses 300 000 réfugiés répartis dans quatre camps, la Tanzanie reste le plus grand pays d’accueil des victimes de l’instabilité de la région, et ce, depuis plus de trente ans.  Depuis la crise politique née du troisième mandat de Pierre Nkurunziza qui a été à la base d’un grand nombre de réfugiés, la Tanzanie avait déjà accueilli 57,6% de ces réfugiés jusqu'au 24 mars 2017, la Tanzanie comptait 239.080 réfugiés burundais. Et depuis cette date, les services d'immigration de la Tanzanie ne favorisent plus l’entrée de nouveaux réfugiés burundais.

Gaudence Uwineza


"Burundais des 90's" -Invitation