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Burundi: ouverture de la conférence internationale des femmes leaders

La capitale burundaise abrite depuis ce vendredi, 26 octobre 2018, la 1ère conférence internationale des femmes leaders. Cette conférence a été organisée par Denise Nkurunziza, la 1ère dame du pays. Plus de 700 participants dont 500 Burundais et 200 étrangers dont les deux premières dames Africaines, Ester Lungu de la Zambie et Tina Touadera de la République Centrafricaine sont attendus à cette conférence. Elle est organisée sous le thème : « Femme de destinée, lève-toi, prends courage et agis car l’affaire te regarde’’

« Cette conférence est née d’une vision de la 1ère dame [du Burundi] relative au souci d’inculquer aux femmes des valeurs pouvant les aider à consolider leurs familles et à participer au développement de leur pays. Cette idée s’inscrit également dans le vaste chantier entrepris par la 1ere dame de sensibiliser la femme burundaise pour se lever et se mobiliser pour impacter la société », indique Joselyne Gahimbare, Présidente du Comité d’Organisation de ladite conférence.

« Convaincue que ses actions ne peuvent pas être limitées aux seules femmes burundaises, Denise Nkurunziza a confié dans cette conférence d’autres femmes venues des quatre coins du monde dont la plupart sont des femmes chrétiennes. Cette conférence sera aussi une occasion d’échange d’expérience entre les femmes leaders dans leurs capacités d’influence dans le processus d’édification de leur nation », ajoute Madame  Gahimbare.

En effet,  la femme burundaise est de plus en plus influente dans la vie sociopolitique du pays. Depuis un temps, les femmes se regroupent dans des associations qui organisent des journées de réflexions et de débats sur des thèmes sociaux, politiques, économiques, etc., des journées de formation en matière de mouvements associatifs et d’activités génératrices de revenus, des échanges d’informations sur les activités menées par d’autres associations locales, nationales ou étrangères, des journées de sensibilisation aux droits des femmes, etc. Cela a permis chez certaines femmes la prise de conscience de leurs droits et de leurs capacités, et de sortir au moins partiellement de l’ignorance et du carcan traditionnel caractérisé par le silence et l’indifférence, accroissant leur pouvoir d’action. Mais les enjeux sont plus importants que de l’idée d’agir simplement en femmes leaders.

« L’Organisation d’une telle conférence par la première dame du pays montre a quel point elle influence les décisions clés du pays. En pratique, Denise Nkurunziza joue le rôle symbolique de soutien moral au Président. Donc, elle est familière de la vie du cours présidentielle, elle en est garante. En politique, chaque action compte. Je pense que cette conférence est une occasion pour la première dame de maximiser sa visibilité, son influence, ses capacités de leadership, ses vertus, et en dessous de tout, c’est une occasion pour elle de vanter son aura face a un public qui va jouer de rôle de spectateur », commente le politologue Jules Ndabemeye.

Pour le politologue, « cette conférence n’a d’autres visées que de légitimer les actions et les attentes du pouvoir vis-à-vis du dialogue inter burundais qui se tient pour le moment a Arusha. Tenue dans un moment critique où le pouvoir a été absent au grand rendez-vous de dialogue avec l’opposition, cette conférence vient couronner cette décision du gouvernement. Cette conférence est aussi une sorte d’appel aux femmes chrétiennes du pays dont on sait qu’elles dépassent largement 50% de la population et plus de 60% de votants. Elle l’a fait déjà il y a sept mois auprès des femmes musulmanes. Ainsi, la première dame veut convaincre ces femmes dans sa manière de voir les choses, elle veut anticiper sur celles qui doutent encore. Tout cela a pour seul but de préparer les élections de 2020. Pour moi, il s’agit ni moins ni plus d’une vaste entreprise de visibilité nationale et internationale pour les échéances électorales à venir », conclut le politologue Jules Ndabemeye.

Femme, mère et très pratiquante, le pasteur Denise Nkurunziza  a fait son entrée en politique depuis que son mari a accédé au pouvoir où elle se montre toujours aux cotés  de son mari partout où il va. De l’intérieur à l’extérieur, elle apprend ce qui fait les dessous de la politique burundaise. Mais, en 2015, elle rend confuse l’opinion sur ces déclarations faites à l’ endroit du mandat contesté. Elle déclare que Dieu lui avait dit que son mari sera Président la même année, ce qui changea du coup les jugements que l’opinion publique portait sur elle. Primée en 2013 par son mari, Denise Nkurunziza fut aussi primée aux Etats-Unis en 2013 sur l’invitation des associations Voices of African Mothers and Hope at Bethesda Council Foundation, elle reçoit le prix “The Millenium Development Goals : 2013 Women’s Progress Award”. Le décernement de ce prix a eu lieu aux enceintes des Nations-Unies.

Leader dans un Etat isolée,  Il est difficile d’entendre ou de lire autre chose sur Denise Nkurunziza qu’une histoire vaillante chantée à l’unisson par certaines des femmes rurales, son parti politique, les bakenyererarugamba, les femmes du parti au pouvoir, par le pouvoir et par les jeunes dits imbonerakure. Sa vaillance est également inscrite dans les huit années qu’elle passa seule lorsque son mari était au maquis, une histoire souvent emprunte d’idéalisation.  Auteure d’un livre intitulé "la force d’espérer’’ paru aux Editions l’Harmattan, Denise Nkurunziza va faire de cette conférence internationale une grande opportunité pour se hisser dans la manufacture des femmes politiques les plus influentes que le pays ait déjà connues jusqu’ici.

Gaudence Uwineza

  


Journal Ukuri n°138

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