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Burundi: Le 5eme round du dialogue inter burundais pour la sortie de crise est prévu ce mercredi à Arusha

Pour une 5è fois depuis 2015, le dialogue inter burundais pour la sortie de crise est prévu à Arusha, du 24 au 29 Octobre 2018 à Arusha, en République Unie de Tanzanie. Ce 5è round a été convoqué par le facilitateur de la crise burundaise, William Mkapa. S’annonçant le plus déterminant, « M. Mkapa s'attend à ce que les Burundais discutent librement et de façon concluante de toutes les questions qui permettraient la tenue des élections de 2020 avec succès », a annoncé dans un tweet Macocha Tembele, le secrétaire particulier du facilitateur dans la crise burundaise.

Ce 5è round a été également précédé par des larges tractations entre les acteurs clés de la crise burundaise. En septembre dernier, la médiation a invité le CNARED-GIRITEKA, pour des consultations, après sa tournée à Bujumbura.

« L’objectif de ces consultations était de s’entendre sur l’agenda du 5è round de négociations, qui aboutirait a la signature d’un accord devant notamment conduire le Burundi vers des élections crédibles », a fait savoir le CNARED-GIRITEKA.

Cependant, pendant trois jours de leurs travaux, la société civile en exil, les représentants des confessions religieuses, les représentants des mouvements des femmes et des jeunes viennent de clôturer à Arusha de larges consultations afin d’émettre des avis sur le 5è round du dialogue inter burundais qui se tient depuis ce mercredi  à Arusha.

« Nous avons pu montrer à la médiation que les conditions préalables pour la tenue des élections de 2020 ne sont pas réunies. Le climat politique n’est pas encore assaini, pas de liberté d’expression et d’opinion, un demi-million de Burundais est toujours sous les tentes en exil, la sécurité n’est pas garantie, ainsi que des violations graves des droits de l’homme », ajoute Marie Louise Baricako, désignée pour parler au nom de ce groupe.  Bien plus, ces organisations avaient  aussi réitéré leur volonté de participer en entièreté au dialogue réservé aux politiques. Hélas, ce souhait n’a pas été pris en compte car, selon le bureau de la facilitation, leur contributions, biens qu’elles soient fondées, viennent tardivement et ne peuvent pas faire objet d’observation.

« Vous allez rentrer chez vous. Votre doléance est fondée mais elle est tardive. On a déjà programmé ce round. Mais nous allons vous appeler lors de la signature d’un éventuel accord pour que vous soyez garants et observateur », leur a fait savoir le bureau de la facilitation en leur remerciant pour avoir adopté une position unanime sur l’élaboration de leur document de neuf pages remis a la facilitation. Dans ce document, des organisations de la société civile, comme l’OLUCOME et la PARCEM avaient indiqué que le pays demeure à la crise d’une corruption endémique et d’une pauvreté sans égal, ce qui hypothèque les conditions de la bonne tenue des élections en lice. 

Toutefois, la société civile proche du pouvoir dit qu’elle va boycotter ce dialogue. Monsieur Hamza Venant Burikukiye trouve que ce 5è round des pourpalers qui débutent ce Samedi à Arusha n’a pas de raison d'être.

« En Décembre dernier, le facilitateur Benjamin William Mkapa avait annoncé qu’il s’agissait du dernier round et que d’autres sessions allaient se tenir au Burundi. Alors, pourquoi aller perdre notre temps à Arusha ? », s’interroge M. Hamza. Il ajoute que la paix et la sécurité sont bonnes au pays, que le pays a une nouvelle constitution et une nouvelle commission électorale nationale Indépendante pour que les élections de 2020 soient organisées et se déroulent dans de bonne condition.

A l’instant, le pouvoir a annoncé officiellement son intention de participer "au 5è et dernier round des discussions » et de son côté, l'opposition, qu'elle soit au Burundi ou en exil, a envoyé « une proposition commune de sortie de cris » selon ses leaders et se dit prête à discuter de l'ordre du jour qui sera présenté par la facilitation et il est fort possible que cette session en préparation soit la dernière tenue à l’extérieur du Burundi.

 « En plus de deux ans de tentative de résolution de la crise politique burundaise, il n’y a pas encore eu de confrontations d’idées contradictoires permettant de vraies négociations. Il s’agissait de consultations en groupe », explique la facilitation qui se veut rassurante affirmant « attendre des conclusions ou un accord consensuel », en fin de séance. Depuis le début de ce dialogue inter burundais, le pouvoir avait toujours refusé de discuter avec l’opposition en exil qu’il qualifie de « putschistes ».  Néanmoins, des leaders de l’opposition restent toujours sceptiques sur la crédibilité de ces pourparlers conduits sous les auspices de l’EAC.

« Nous réalisons malheureusement que cette médiation de l’EAC est très faible. Sa faiblesse procède du fait que les chefs d’État n’ont pas offert leur soutien total au facilitateur, Benjamin Mkapa. Voilà pourquoi son entreprise donne l’impression d’être à la solde du pouvoir de facto de Bujumbura », estime Pancrace CIMPAYE, porte-parole de la plateforme de l’opposition en exil, le CNARED-GIRITEKA.

Du côté des défenseurs des droits de l’homme, ils disent ne pas attendre grand-chose de ces pourparlers.

« La médiation a échoué, elle cherche des raccourcis. Elle évite le vrai débat. Elle veut écarter les vraies question », indique Maître Dieudonné BASHIRAHIZE, Président de CAVIB et de conclure que « la lutte ne prendra pas fin avec cette mascarade de négociations. Elle continue. Elle aboutira à ses fins”.

Steve Baragafise

 


Journal Ukuri n°138

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