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Burundi : L’ASSUR organise des états-généraux des Assurances

Les états-généraux du secteur des Assurances se tiennent depuis ce mercredi jusqu’au 12 octobre à l’Hôtel RUHUKA, en Province de NGOZI. Ces états-généraux sont organisés par l’Association des Assureurs du Burundi, ASSUR, en partenariat avec l’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances, ARCA en sigle.

« Le nombre des sociétés d’assurances s’agrandit de plus en plus après l’agrément de trois nouvelles sociétés en 2017 et surtout avec la mise en application des dispositions du Code des assurances qui consacrent l’obligation de séparation des activités Vie des activités Non Vie. Suite à ces mesures, le nombre de compagnies d’assurances agréés est passé de sept (7) au 31 décembre 2015 à treize (13) au 31 décembre 2017, dont huit sociétés Non Vie et cinq sociétés Vie. Ces sociétés d’assurances sont regroupées au sein d’une association professionnelle dénommée « Association des Assureurs du Burundi », « ASSUR » en sigle » a indiqué Prosper Bazombaza, Directeur de l’Agence de Régulation et de Contrôle des Assurances. 

Selon le Directeur de la société d’Assurance BIC, Jean-Paul Roux : « l’objectif de cette rencontre est de partager avec les différents partenaires, autant publics que privés, les stratégies et les actions qui doivent être menées pour atteindre le chiffre d’affaires de 80 milliards de FBu »

Les possibilités de réforme du secteur des Assurances sont envisageables

Le Burundi compte 8 sociétés d’assurances Non-Vie, 5 sociétés d’assurance Vie et 16 maisons de courtage. De là, l’ASSUR voudrait proposer des réformes axées sur le renforcement de la protection des assurés, souscripteurs et bénéficiaires de contrats d’assurances, la solvabilité, la stabilité financière et l’inclusion financière. Ce sont autant de sujets qui meubleront les travaux de ces Assises de NGOZI, comme le fait savoir Augustin Sindayigaya, Directeur Général de SOCAR-VIE : « Il faut pallier au manque de culture d’assurance dans le but d’atteindre les objectifs fixés ».  

En effet, le secteur des Assurances reste largement le secteur qui contribue à la protection sociale de la population et au développement économique du pays. Actuellement, il rencontre des défis financiers. Depuis 2013, la croissance du chiffre d’affaires du secteur reste faible par rapport à celui du PIB. C’est ainsi que le taux de pénétration affiche une baisse continuelle passant de 0,88% en 2013 à 0,75% en 2017. Ainsi, malgré la hausse du chiffre d’affaires de 3,7 milliards enregistré en 2017 (soit un taux de croissance de 9,9%), il ressort que le taux de croissance du PIB de 11,9% a été encore plus significatif que celui des primes émises. 

« Aujourd'hui, l'assurance est plus qu'une simple réponse à la diversité des risques, car les techniques développées en Assurance ont permis de mettre sur pied divers types de produits tentant de répondre aux préoccupations des clients. Cependant, c'est une activité à risque du fait de l'inversion du cycle de production, à savoir que l'on ne peut prévoir le montant de l'indemnité. Toutes les compagnies d'assurance, c'est-à-dire les professionnels, les usagers et leurs partenaires sont donc obligées pour mieux s'assurer une rentabilité et une pérennité, de développer des techniques modernes de visibilité et de communication pour gagner le maximum d’assurés », indique Pascal Sibomana, Economiste et Analyste de risques en milieu bancaire.

Le taux de pénétration des services des Assurances doit augmenter, selon les autorités publiques

Au Burundi, le taux de croissance tourne autour de 5% en moyenne pour les 4 dernières années tandis que le taux de pénétration serait de 0,74%. Les pouvoirs publics voudraient que le chiffre d’affaires, qui est actuellement de 40 milliards de FBU double en 5 ans pour atteindre 80 milliards de FBu en 2022. Il s’agit d’un grand pari si on se réfère aux défis que connait le secteur des Assurances au Burundi. Le premier défi est lié au manque de vulgarisation du nouveau code des Assurances du 07 janvier 2014 portant Code des assurances au Burundi.

« Avant le nouveau Code des assurances, et même après sa promulgation, il y avait un manque de réparation équitable des sinistres par l’assureur.  Mais, ce code    n’est pas très vulgarisé et les compagnies ne l’appliquent pas complètement. Nous envisageons de le vulgariser au niveau de tous les intéressés », indique Venant Kamana, Ancien Directeur de l’ARCA. Ce défi est encore aggravé par une attitude de certaines compagnies d’assurances qui, dans leur mission, semblent placer les intérêts financiers avant leur mission principale

« Certaines compagnies d’assurances se cramponnent plus au développement de leurs économies. Dans son rôle social, l’assurance indemnise une partie des assurés qui sont victimes des sinistres, grâce aux cotisations prépayées par l’ensemble des assurés. Mais, chez certaines sociétés d’assurance du Burundi, constatent les assurés, cela n’est que l’idéal. Elles semblent se cramponner au développement de leurs économies au détriment de l’indemnisation des sinistrés », fait savoir Kamana.

De surcroît, des assureurs se lamentent aussi quant aux lenteurs observées dans le traitement de demande de sinistres. Ce la constitue un défi qui décourage certains acteurs qui se confient aux sociétés d’assurance :

« La lenteur observée au niveau de la régularisation des cas de sinistres est l’un des grands facteurs qui empêchent les assurés à développer un maximum de confiance aux acteurs des assurances. Je privilégie un arrangement à l’amiable au cas où les choses peuvent se régler facilement.  Soit leur système de décision est naturellement lent, soit ils spéculent, ce qui hypothèque leur notoriété. Je pourrais passer par une maison de courtage que de m’adresser directement aux sociétés des assurances », s’indigne Alain Bigirimana, un assuré de la société Kenyane, Jubelee Insurance, œuvrant au Burundi.

D’autres défis qui sont couramment relevés dans le fonctionnement des assurances au Burundi, comme la corruption dans le traitement des procédures, le manque des services professionnels, les irrégularités dans les services offerts, etc. 

D’emblée, il est plus important que les états-généraux de Ngozi, apportent plus de solutions à ces défis énoncés, et à fortiori, indiquent des stratégies à exploiter pour que la protection sociale au Burundi soit vraiment une réalité.

« Tout cela démontre que le secteur avance bien dans certains domaines. Il faut que les stratégies et la planification des actions suivent cette évolution et s’harmonisent pour que l’industrie des assurances puisse jouer pleinement son rôle dans l’économie nationale.  D’où la nécessité pour les intervenants de raccorder les violons. Des potentialités existent, mais est-ce que les assureurs offrent des produits appropriés au marché ? », s’interroge Augustin Sindayigaya, Directeur Général de la Société Commerciale d’Assurances et de Réassurance (SOCAR VIE).

Steve Baragafise | IPM Bujumbura

 


Journal Ukuri n°135

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