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Burundi: Vers la reprise de l'exportation des denrées alimentaires dans les pays voisins ?

fruits et légumes  

Le Burundi  serait  prêt d’autoriser la réexportation des légumes et fruits vers la République Démocratique du Congo et la Tanzanie, a confié une source proche du dossier se trouvant à Bujumbura.

En effet, selon la source, « le COMESA aurait exercé une pression sur Bujumbura pour qu’il y ait reprise des activités transfrontalières pour l’exportation des denrées alimentaires entre le Burundi et les pays limitrophes. Il y a un temps, une loi non écrite avait interdit l’exportation des fruits et légumes, ce qui a fait que le flux d’activités transfrontalières au niveau des accès frontaliers avec la sous-région connaisse une diminution remarquable. Les petites commerçantes ayant transmis les doléances aux différents acteurs qui œuvrent dans le commerce extérieur, c’est dans ces conditions que le COMESA a vite réagi » indique notre source au ministère burundais du Commerce.

En effet, le COMESA met en œuvre au Burundi, Rwanda et en RDC un projet commun dénommé RECOS qui permet de mettre fin aux nombreuses tracasseries des agents publics aux postes frontaliers, de réduire les taxes et redevances aux frontières, de faciliter l’obtention des documents migratoires comme le visa, de construire des routes, des chambres froides et des entrepôts pour les marchandises, des marchés publics avec toilettes, renforcer le communication et l’information des commerçants sur la douane, ou encore promouvoir les femmes par des subventions ou crédits.

« Cette reprise ne rentre pas du tout dans le projet RECOS. Elle est due aux pressions qu’a exercées le COMESA sur Bujumbura. Cette reprise des activités d’exportation concerne des fruits et des  légumes seulement en République Démocratique du Congo et en Tanzanie. Cette exportation sera plus professionnelle car désormais il ne s’agira pas seulement d’une affaire de petits commerçants transfrontaliers. Il s’agit aussi des coopératives d’agriculteurs modernes de fruits et légumes. Le Burundi Business Incubator va bientôt certifier la qualité de leurs produits pour faire objet d’exportation. Tout comme le Ministère du Commerce, il s’apprêterait à leur donner le code d’exportation aux différentes coopératives d’agri-business du pays. Tout cela résulte de la pression du COMESA à l’endroit des autorités concernées », confie à IPM notre source qui préfère toujours garder l’anonymat. 

Si le gouvernement va encore autoriser l’exportation des légumes et fruits, cela sera une aubaine pour les agro-business du pays dont le manque de visibilité des produits demeure important. Aussi, ces agro-business se plaignaient de l’impossibilité d’écouler leurs produits vers les pays de la sous-région dont la monnaie d’échange a plus de valeur que celle du Burundi.

« Nous avons un grand problème d’écoulement de nos produits. Certes, nous parvenons à vendre à l’intérieur du pays mais le problème est que nous ne parvenons à exporter vers l’extérieur du pays. Au niveau du BBIN, on nous dit que le processus de certification de nos produits est en cours. Nous prions les autorités concernées de déployer tous les efforts possibles pour nous accorder la certification de nos produits. Cela sera un grand pas vers la professionnalisation de nos activités », indique Jean Mukunzi, Président d’une coopérative de transformation des fruits en confiture de la région d’Imbo.

Selon une étude sur l’Analyse du commerce transfrontalier de produits agricoles dans  des  corridors sélectionnés de la Région du Bassin du Nil réalisé par le  M.A Consulting Group  en Septembre 2012, la production de fruits et légumes dans la région du Bassin du Nil a généralement connu une expansion dans la dernière décennie en raison des prix internationaux favorables et les changements dans les comportements/modèles de consommation au sein de la classe ouvrière. Ce dernier facteur a contribué à augmenter le commerce transfrontalier entre les pays du Bassin. 

Pour les fruits de la passion, le Kenya est le producteur dominant, suivi par le Burundi et le Rwanda. Les fruits sont consommés principalement en Ouganda même si certains sont exportés vers l'Europe. 

L’Etude mentionne que les principales  contraintes de production  sont  le manque de semences certifiées ou de matériel de plantation, le manque d'installations de stockage dans les exploitations agricoles, les routes en mauvais état, des intrants coûteux tels que les semences et les engrais, le manque de capacité de transformation agro-alimentaire, le manque d'accès aux crédits, les fluctuations des prix entre les saisons, et l'absence de normes conduisant à la légitimation de l'opportunisme par les courtiers et les négociants. 

Gaudence Uwineza

 

 

      


Journal Ukuri n°144

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