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Burundi: une serie de réformes face au mauvais classement au Doing Business

 Le rapport Doing Business réalisé par la Banque Mondiale chaque année établit un classement des 190 économies mondiales sur le climat des affaires. Sur base d’un certain nombre d’indicateurs, le rapport évalue la capacité des pays à favoriser un climat des affaires propice aux investissements.

Le Burundi occupe la 164 ème place sur 190 économies mondiales dans le rapport Doing Business 2018.  Après une marche en arrière de sept places en 2017, le gouvernement du Burundi estime qu’il est temps d’établir une série de reformes structurelles pour améliorer le climat des affaires. Certaines des reformes envisagées par un comite décisionnel a sorti un rapport le 22 mars 2018 qui oriente sur les réformes déjà en cours tandis que d’autres devraient être entreprises jusqu’au 30 avril 2018.  

 

Evolution du classement du Burundi

 

Indicateur 

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

Classement du pays

172

159

151

152

155

157

164

Créations d’entreprises

108

27

20

18

19

18

42

Permis de construire

166

144

146

162

165

169

168

Raccordement à l’électricité

163

165

178

186

185

183

182

Transfert de propriété

118

115

143

124

52

94

95

Accès au crédit

-

167

170

171

174

175

177

Protection des investisseurs

46

32

91

114

115

137

132

Paiement taxes et impôts

131

141

143

111

111

123

138

Commerce transfrontalier

177

179

175

154

154

160

164

Résolution de l’insolvabilité

160

160

142

144

145

141

144

Exécution des contrats

-

158

158

146

144

149

150

 

 Une série de réformes 

 

Une série de réformes  font objet de débat et leur mise en application reste largement la volonté des décideurs.

Concernant l’indicateur de création des entreprises, le Burundi se classe 42ème sur les 190 économies évaluées. Comme réformes, il a opté de ramener le tarif unique de 140 000 FBu à 40 000 FBu.

Pour l’indicateur obtention du permis de construire, le Burundi se classe 168ème sur 190 pays. Comme réformes, une adoption des textes d’application (ordonnance conjointe) du code de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction devrait être adoptée jusqu’au 30 avril 2018, accompagnée d’une production des statistiques sur les permis de construire octroyés et les délais de traitement des dossiers et enfin l’affectation d’un agent de l’OBR pour que le paiement des frais liés au permis de construire puissent se faire au sein du guichet unique.

Quant à l’indicateur raccordement à l’électricité, le Burundi se classe (182ème / 190 pays. Comme stratégie, il devrait mettre en place un système de collecte d’information statistique sur la fréquence et la durée des pannes de courant et la production d’un rapport sur les données jusqu’au 30 avril 2018.

Pour l’indicateur transfert de propriété, le Burundi se classait 95eme/ 190. Ici, le Doing Business insiste sur l’adoption des textes d’application du code de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction.

Pour l’accès au crédit, le rapport Doing Business 2018 insistait, comme stratégie, sur l’élaboration des textes d’application de la loi promulguée en 2016. Cette dernière est relative aux opérations et aux dispositions applicables au contrat de crédit-bail. En matière du commerce transfrontalier, un guichet unique pour le traitement des opérations relatives à l’exportation doit être mis en place jusqu’au 30 avril 2018. (Projet d’appui à la compétitivité du secteur café de la Banque Mondiale (PACSC). Pour l’indicateur exécution de contrat, le Burundi se classe sur 150eme place sur 190 places.

Comme stratégie, le Burundi devrait produire jusqu’au 30 avril 2018, une note de service instruisant les juges sur le principe du prononcé des jugements et arrêts sur le champ sur base de l’article 124 du code de procédure civile.

D’autres facteurs de recul du Burundi 

Selon les statistiques de la Banque Mondiale, les flux directs d’investissements étrangers vers le Burundi, quasiment nuls jusqu’en 2007, ont considérablement augmenté en 2014 pour atteindre 81,7 millions USD. Après ils ont chuté pour près de 40 millions USD en 2015, avant d’atteindre une somme dérisoire de 0,05 million USD en 2016 (dernière statistique disponible).

L’instabilité politique, le mauvais état des infrastructures, la main-d’œuvre faiblement qualifiée, le programme de privatisation limité et l’absence de devises étrangères sont autant de facteurs qui contribuent au recul du Burundi dans ce rapport de Doing Business, édition 2018 selon Olivier SUGURU, Président de l’Association des Industriels du Burundi (AIB). Cela aura comme conséquences la faible attraction des investissements étrangers dans le pays.

Il y a peu, l’ONG Parole et Action pour le Réveil des Consciences et le Changement des Mentalités (PARCEM) tirait la sonnette d’alarme sur la situation socio-économique du Burundi.  Selon le Président du PARCEM, plus de 70 % des Burundais vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins d’un dollar par jour), le Burundi est parmi les 5 pays les plus pauvres de la planète et a un taux de malnutrition de 60 %. Face à cette situation, PARCEM appelle à la prise de conscience des Burundais.

Pour rappel, l’Agence de Promotion des Investissements, pionnière des réformes Doing Business réitère chaque fois son appui indéfectible et son engagement sans cesse renouvelé dans l’initiation des réformes porteuses de résultats tangibles pour l’amélioration du climat des affaires au Burundi.

Steve Baragafise

 


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