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Burundi: le Burundi table sur l'augmentation de la production d’électricité dans les 5 prochaines années

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                                                             Rivière Jiji

 

Depuis plus de sept mois, la ville de Bujumbura se voit servir l’électricité  pendant au moins 18h par jour, ce qui est le résultat de l’augmentation de la production par la Régie des Eaux, selon le contrat qui lie cette société avec Interpetrol. Le pari est que cette augmentation de l’électricité soit effective par la mise en place des projets qui vont aider à résoudre le problème de déficit énergétique.

L'économie des pays d'Afrique ne cessant de croître, il est légitime de se soucier des défis énergétiques, qui constituent un obstacle à la croissance globale du continent, notamment la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Même si elle est dotée d'importantes sources d'énergies, qui restent très souvent inexploitées, le continent est marqué par la faiblesse de ses services énergétiques. Au Burundi, le Ministère de l’Hydraulique, de l’énergie et des mines estime que le parcours reste assez long pour gagner ce pari :

   "Le Burundi connait un problème de déficit énergétique surtout dans le secteur de l’électricité puisque le taux d’électrification reste faible. Seulement 10% de la population a accès à l’électricité alors que les pays comme la Tanzanie ont une couverture de 67,5%. Parallèlement, la demande ne cesse d’augmenter surtout avec l’extension du parc industriel, la pression démographique, etc.’’

Une production de l’électricité qui reste relativement faible

Le Burundi a enregistré un déficit énergétique estimé à 20 mégawatts durant la période 2014-2015, un déficit qui s’est creusé jusqu’en 2017. En effet, les études récentes de planification menées par le ministère en charge de l’énergie montrent que cette rareté continuera d’augmenter, dans la mesure où les investissements préconisés ne pourront établir l’équilibre énergétique qu’à l’horizon 2017/2018. Les autorités du Ministère ayant l’énergie en ses attributions soutiennent cette thèse en affirmant que les problèmes de disponibilité en énergie électrique pourraient perdurer, particulièrement durant la saison sèche qui enregistre régulièrement une baisse des capacités hydrauliques pouvant atteindre cinquante  pour cent.

 En effet, le pays connait une production d’énergie qui est constante. La centrale hydroélectrique de Rwegura prévue initialement pour produire 18 MW ne produisait qu’entre 8 et 12 MW depuis 2016. Cela est imputable à la vétusté des équipements et à l’érosion du sol qui diminue le niveau du lac de retenue d’eau.

Plusieurs projets sont en cours pour parier à ce défi

Pour remédier à cette situation, le gouvernement burundais a initié, avec l’appui du PNUD, l’élaboration d’une stratégie nationale de développement des énergies nouvelles et renouvelables (solaire, éolien, biogaz, géothermique et tourbe), afin qu’il y ait des actions concrètes, en vue de répondre aux besoins en énergie, tout en préservant l’environnement. L’enjeu majeur est qu’à l’horizon 2030, le Burundi puisse réussir à établir un équilibre entre l’offre et la demande en matière énergétique.

Les énergies nouvelles et renouvelables permettront de préserver la ressource bois dont la disruption progressive précarise fortement la vie des populations burundaises. Le dernier rapport national sur les OMD, édition 2012, tire la sonnette d’alarme. « Elle met en exergue la forte dégradation des ressources forestières et des écosystèmes qui est due à la forte densité démographique et la pression qu’elle exerce sur la terre et les ressources environnementales, et estime que si rien n’est fait pour inverser la tendance actuelle, le Burundi n’aura plus de forêt dans 29 ans ».

Le déclin du couvert forestier a déjà causé de grands dommages environnementaux comme l’érosion, les glissements de terrain et la baisse de la fertilité des sols. Il va davantage peser sur l’avenir du pays si des mesures adéquates ne sont pas prises à temps pour freiner le dérèglement provoqué sur l’écosystème.

« Ce constat, très inquiétant, nous interpelle tous et appelle à l’action sans perdre de temps. L’adoption d’une stratégie sur les énergies nouvelles et renouvelables vient donc à point nommé et nous sommes heureux de constater que dans le projet qui va être présenté, des solutions adaptées au contexte burundais existent et sont à la portée du pays notamment dans le sous-secteur si sensible du bois », note le directeur pays du PNUD, M. Xavier Michon.

D’autres projets en cours qui visent l’augmentation de l’électricité sont la construction de la centrale hydroélectrique de Jiji-Mulembwe qui permettra de produire environ 50 MW, le projet du barrage hydroélectrique sur la rivière Kirasa dans Bujumbura rural avec une production de 20 MW, le projet de construction d’un barrage sur la rivière Kaburantwa en province Cibitoke qui aura une capacité de 20 MW.  

Des projets qui prennent déjà du retard dans leur exécution 

Mi décembre 2017, l’Union européenne accorde au Burundi, via la Banque mondiale, un don de 33 millions d’euros pour le projet hydroélectrique de Jiji et Mulembwe (PHJIMU). Cette annonce a été faite par Wolfram Vetter, ambassadeur délégué de l’UE à Bujumbura.

«Le ministre burundais des Finances, du Budget et de la Privatisation, Domitien Ndihokubwayo ainsi que le Représentant de la Banque mondiale au Burundi, Nestor Coffi, ont signé mardi, le 19 décembre 2017 un accord sur le transfert d’un don de 33 millions d’euros de l’Union européenne pour la construction de la centrale hydroélectrique de Jiji et Mulembwe», a déclaré Wolfram Vetter, via son compte twitter. Une volonté  qui s’affiche mais dont les observateurs s’inquiètent des délais d’exécution de ces projets. Ils se basent sur les prévisions de la BAD qui projetaient la mise en marche de la centrale hydroélectrique JIJI- Mulembwe en 2015. Mais les travaux n’ont pas encore commencé. 

Du manque important de ressources de financement pour la réalisation de tels projets

Le Burundi connaît un profond déficit énergétique depuis quelques années malgré un potentiel hydro-électrique important. Alors que les besoins en énergie sont estimés à au moins 70 mégawatts, le pays n’en produit que 30 à peine.  Désormais, les espoirs du gouvernement burundais sont placés dans la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, notamment ceux de Jiji-Mulembwe au sud du Burundi et de Mpanda à l’ouest et les financements extérieurs pour la réalisation de ces projets demeurent incertains.

En outre, depuis le 14 mars 2016, l’UE a pris la décision de suspendre son aide directe au gouvernement burundais accusé de violations graves des droits de l’Homme. Ces sanctions ont été renouvelées pour une année en octobre dernier dans le but de pousser Bujumbura à dialoguer avec l’opposition en vue d’une sortie de crise.

Et les conséquences de l’insuffisance de l’énergie demeurent toujours importantes

Alors que l’accès à l’énergie est considéré comme un élément moteur du développement socio-économique, le Burundi vient s’ajouter au groupe des pays les plus en retard dans le monde en matière d’accès à l’énergie, dans la mesure où le taux d’accès à l’électricité de sa population est inférieur à 5 % contre une moyenne de 16 %  en Afrique subsaharienne. 

Les conséquences directes de cette insuffisance en énergie sont : la couverture incomplète des besoins en rapport avec la mécanisation et la conservation des produits agricoles, le développement et la diversification des activités économiques, l’extraction et la transformation de minerais, un meilleur climat des affaires propice aux investissements du secteur privé et l’amélioration de systèmes de santé et d’éducation.

Résorber la faiblesse de la production d’électricité devrait permettre, à terme, de mettre fin au manque de fiabilité quant à sa disponibilité, mettant fin aux délestages et variations de tension qui constituent au final les obstacles majeurs au développement de l’industrie, de l’artisanat et des services. En outre, le faible taux de pénétration en milieu rural a lui pour effets néfastes : de limiter l'accès aux services sociaux de base, comme les centres de santé, et de diminuer le temps disponible pour les activités génératrices de revenus.

Pour le Burundi, le chemin à parcourir pour parvenir au même niveau que la plupart des pays africains, est encore long. En effet, force est de constater qu’en dépit du faible niveau de consommation, les capacités nationales de production d’énergie électrique sont inférieures aux besoins alors que le nombre d’abonnés lui s’accroît.

Steve Baragafise

 

 

 


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