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RD CONGO (AFRIQUE-CENTRALE) : CODHO demande instamment aux autorités congolaises de libérer l'interprète et les chauffeurs vivants

 COMMUNIQUE DE PRESSE N°20170329/CODHO

RD CONGO (AFRIQUE-CENTRALE) : CODHO demande instamment aux autorités congolaises de libérer l'interprète et les chauffeurs vivants 

1) Kinshasa/Paris, le 30/03/2017- L’association Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) à travers le Groupe de Travail sur les Exécutions Extrajudiciaires, Sommaires ou Arbitraires (GTEESA),son projet opérationnel contre l’impunité des exécutions arbitraires, se félicite depuis la nouvelle, le 28/03/2017, du fait que les corps, ne serait-ce qu’ils soient trouvés, même sans vie, des deux experts de l’ONU, un américain Michael Sharp et une suédoise Zahida Katalan. Cette découverte macabre devra permettre aux enquêteurs indépendants d’identifier les auteurs présumés (commanditaires et exécutants) de ce crime et déférer ces derniers devant une instance judiciaire indépendante. L’interprète Betu Tshintela (congolais, 35 ans environ), un chauffeur-moto Isaac Kabuayi (congolais, 29 environ), et les deux autres chauffeurs-motos non encore identifiés (congolais) qui conduisaient les deux experts et l’interprète. Les quatre congolais demeurent sans nouvelle dans la province du Kasaï-central au Congo (RDC). 

2) L’opinion se souvient que les Nations Unies, en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies étaient sans nouvelle de ses experts depuis leur disparition le 12 mars dernier dans la province congolaise du Kasaï-central dont le chef-lieu est Kananga. Les corps de deux experts de l'ONU ont été retrouvés, les autorités viennent de le confirmer. Les autorités du gouvernement de la République affirment qu'il n'y a plus de doute possible. Les corps retrouvés par la police sont bien ceux de Michael Sharp et de Zahida Katalan. Ils reposent à l'hôpital de la mission de l'ONU à Kananga, la capitale principale de la province.

3) Le GTEESA du CODHO rappelle que l’interprète et les trois chauffeurs-motos sont toujours portés disparus. Tous avaient disparu le 12 mars, à environ 120 km au sud de Kananga, cinq jours après leur arrivée dans la région. Les deux chercheurs des Nations unies, un Américain et une Suédoise, avaient pour mission d'enquêter sur les violations des droits de l'homme au Kasaï central, notamment dans le village Tshimbulu et ses environs. Cela fait plus de six mois que cette province est secouée par des violences quasi quotidiennes entre d'un côté les forces gouvernementales, de l'autre une milice se revendiquant d'un chef traditionnel Kamuina Nsapu tué en août dernier, lui, sa femme et un de ses fils, par les forces de défense et de sécurité à son domicile, et dont le corps a été amené par ses bourreaux, probablement à Kinshasa, et n’a plus jamais été remis aux membres de sa famille. 

4) Le GTEESA[3] signale aussi que, juste après l'embuscade tendue aux experts de l'ONU et leur enlèvement, les autorités congolaises, tant au niveau national et que provincial, parlaient de groupes armés non-identifiés comme auteurs présumés de ces crimes contre les vies des deux experts de l’ONU, leur interprète et leur trois chauffeurs-motos. Mais depuis cette « découverte » ou « présentation » des trois corps sans vie, le gouvernement congolais accuse les miliciens Kamuina Nsapu d'être responsables de ces assassinats et disparitions forcées ou involontaires. 

5) Ainsi que l’on peut le lire dans le Communiqué de Presse n°20170315/CODHO, «RD Congo (Afrique centrale) : enlèvement des experts de l’ONU et leurs accompagnateurs au Kasaï-central, le GTEESA du CODHO tient les autorités congolaises pour responsables et exige des comptes », du 15 mars, le GTEESA précise que « L’opinion se souvient que plusieurs documents audiovisuels (videos) concernant ces affrontements entre l’armée nationale et les adeptes de Kamuina Nsapu ont présentées des scènes de fusillades à l’encontre des civils sans armes parmi lesquels des enfants et adolescents âgés de 5 à 13 ans, des femmes enceintes, des filles et des vieillards, tués par l’armée nationale. » 

6) Le  GTEESA du CODHO réaffirme sa position quant aux responsables présumés de ces crimes. «Le président et le gouvernement de la République démocratique du Congo doivent être tenus solidairement pour responsables intellectuels présumés de l’assassinat de ces deux experts de l’ONU et de leur interprète, ainsi que de la disparition de leurs trois chauffeurs -motos congolais au Kasaï-central. Par conséquent ces autorités doivent apporter des preuves contraires, s’il peut exister une personne ou groupe de personnes autres que les membres des forces de défense et de sécurité qui auraient intérêt à empêcher une enquête sur les massacres massifs des civils, y compris des enfants et adolescents âgés de 5 à 13 ans, des femmes et des vieillards dans la province du Kasaï -Central, notamment dans le village Tshimbulu, entre le mois d’août 2016 et ce jour.


[1] CODHO : une association dont le mandat est la promotion et la protection des droits humains, et apporter assistance aux victimes (vulnérables),y compris mes migrants, les enfants et les femmes victimes des violences, les victimes de torture, et les défenseurs des droits humains en danger dans leurs pays;

[2] GTEESA : un programme /projet opérationnel de CODHO contre l’impunité des exécutions arbitraires.

[3] COMMUNIQUE DE PRESSE-CORRIGE- N°20170329/CODHO, "RD CONGO (AFRIQUE-CENTRALE) : APRES AVOIR PRESENTE LES CORPS  SANS VIE DES DEUX EXPERTS DE L’ONU AU KASAI-CENTRAL, CODHO DEMANDE INSTAMMENT AUX AUTORITES CONGOLAISES A LIBERER  VIVANTS LEURS CHAUFFEURS", du 29/03/2017- CODHO-Comité des Observateurs des Droits de l'Homme, Email:This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it., Tél.: 00337543955