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C'est un os du petit doigt découvert en Tanzanie qui a beaucoup à dire. Cette phalange nous parle d'un ancêtre de l'Homme qui aurait déjà été doté d'une main "moderne" il y a 1,8 million d'années.

Il s'agit du plus ancien os de main moderne connu à ce jour, souligne une étude publiée en ligne mardi dans la revue britannique Nature communications. Il a été découvert récemment sur le riche site préhistorique des gorges d'Olduvai, dans le nord de la Tanzanie.

L'équipe de chercheurs était menée par Manuel Dominguez-Rodrigo, de l'Institut de l'évolution en Afrique dont le siège est à Madrid. Selon leur étude, le propriétaire de cette phalange, un adulte baptisé OH 86, coexistait à cet endroit avec le Paranthrope Boisei - un Australopithèque robuste - et avec l'Homo Habilis ("homme habile") qui savait fabriquer des outils primitifs en pierre.

Si les chercheurs s'enthousiasment pour ce bout d'os, c'est parce que la main est une des caractéristiques anatomiques les plus importantes de l'espèce humaine. "Notre main a évolué pour nous permettre toutes sortes de gestes et de manipulations, plus que chez tout autre primate", explique M. Dominguez-Rodrigo.

"C'est cette capacité à manipuler avec précision qui a interagi avec notre cerveau et permis le développement de notre intelligence. Principalement grâce à l'invention et l'usage des outils", ajoute-t-il.

Vie dans les arbres


Lorsque les hominidés ont cessé de se déplacer à quatre pattes pour devenir bipèdes il y a environ six millions d'années, cela leur a libéré les mains. Le pouce s'est transformé, il a grandi. Mais les phalanges de la main des hominidés sont nettement incurvées, ce qui les aide pour grimper aux arbres.

Quatre millions d'années plus tard, les phalanges de l'ancêtre de l'Homme se redressent, signe que la vie dans les arbres n'est plus de mise. "Les mains sont libérées de la locomotion dans les arbres et peuvent se spécialiser dans la manipulation", souligne le chercheur.

Phalange bien droite


La petite phalange bien droite de 36 millimètres de long - de même taille que celle de l'Homo Sapiens - retrouvée à Olduvai "vient combler une lacune. Nous avons découvert que cette main d'aspect moderne date d'au moins 1,85 million d'années", indique M. Dominguez-Rodrigo.

"Cette découverte montre également que cette créature était plus grande qu'aucun hominidé antérieur ou contemporain. Sa main est celle d'un homme qui devait mesurer plus d'1,75 mètre", assure le chercheur.

Lourdes carcasses


OH 86 pourrait avoir été en mesure de chasser de grands animaux et de transporter leurs lourdes carcasses, du type de celles qui ont été retrouvées notamment à Olduvai et qui pouvaient peser jusqu'à 350 kilos.

"Je me suis toujours demandé comment Homo Habilis, qui mesurait un peu plus d'un mètre seulement, pouvait chasser des animaux aussi gros. OH 86 est un meilleur candidat pour expliquer ces accumulations de carcasses", dit-il.

"Vrais humains"


Mais certains scientifiques estiment que le chercheur va trop loin dans ses conclusions. "Une seule phalange, plus droite, d'un petit doigt ne permet pas de dire que l'ensemble du squelette ressemblait à celui d'un homme moderne", souligne Tracy Kivell, anthropologue à l'Université de Kent, au Royaume-Uni.

D'autres mettent en avant l'intérêt de l'étude. "Elle renvoie le balancier vers l'Afrique concernant l'origine des 'vrais humains' il y a 1,9 million d'années", estime Jean-Jacques Hublin, de l'Institut Max Planck pour l'étude de l'anthropologie (Allemagne).

"Cela donne aussi des arguments" à ceux qui doutent que ce soit Homo Habilis qui ait fabriqué les outils de pierre retrouvés dans cette zone et datant de cette époque, selon lui.

Romandie.com

Lac Edouard : un accord d’exploitation conclu entre les pêcheurs ougandais et congolais

Pêcheurs sur le fleuve Congo, au niveau du Pool Malebo, non loin de Kinshasa. 2004.

Les pêcheurs congolais, ougandais, et les autorités des deux pays ont conclu le 11 août à Beni un accord bilatéral sur l’exploitation conjointe des ressources du lac, qui est situé à la frontière entre Ouganda et RD Congo.
 
Pour le ministre provincial du Nord-Kivu, Nzanzu Kasivita, l’accord était nécessaire. « La problématique est, certes la gestion des ressources halieutiques du lac, mais aussi les frontières. La frontière entre Ouganda et RD Congo est au milieu du lac, et donc parfois les pêcheurs ougandais sont dans les eaux territoriales congolaises, et inversement », a-t-il notamment déclaré.
 
Depuis plusieurs années, un conflit territorial oppose les pêcheurs des deux pays, victimes d’arrestations récurrentes car pêchant dans des eaux qui ne sont pas territoriales à leur pays.
 
Deux commissions, une congolaise et l’autre ougandaise, constituée de 15 personnes chacune, avaient été en conséquence mises en place jeudi 2 juillet en Ouganda. Ces commissions avaient trente jours pour évaluer l’application des lois des deux pays en matière de la pêche et proposer des solutions aux conflits récurrents opposant les pêcheurs de deux pays autour du partage des ressources halieutiques du lac Edouard.
 
« C’est la raison pour laquelle nous avons décidé que nous devions accepter conjointement l’exploitation des ressources du lac, mais dans le respect des réglementations de chaque pays », a conclu le ministre, joint par téléphone par Radio Okapi.

L’Afrique de l’Est se dote d’un observatoire pour le climat 

L’Afrique de l’Est vient de se doter d’un observatoire sur l'environnement. C’est ce qu’il faut retenir de la rencontre régionale sur la problématique des changements climatiques qui vient de se dérouler à Djibouti du 2 au 4 mai 2015. 

La conférence était organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de l’Environnement de Djibouti, en collaboration avec le département des changements climatiques de l’Université Yale aux Etats-Unis.  Basé dans les locaux du Centre d’Etudes et des recherches de Djibouti (CERD), cet observatoire aura pour rôle de permettre aux scientifiques de se concerter pour s’échanger les informations et de proposer des solutions aux risques qu’entraînent les changements climatiques. 

En outre, il devra permettre de mesurer, améliorer et communiquer les fonctions des systèmes écologiques liés à la résilience et à ladurabilité. Dans un premier temps, l’Observatoire sera financé par les pays de l’Afrique de l’Est et des organismes comme le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE).  La création de cet observatoire intervient à sept mois de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) qui est prévue pour se tenir en décembre 2015 à Paris (France).

"Pour l’Afrique à la COP21, il ne s’agira pas de dire que nous avons signé et ratifié toutes les conventions et que nous avons élaboré des programmes d’atténuation et d’adaptation. Les schémas d’adaptation et les stratégies que nous présenterons devront faire ressortir de véritables idées innovantes, innovatrices et réalistes adaptées aux problèmes et risques prévisibles", indique Nabil Mohamed Ahmed, Ministre djiboutien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui se félicite de la création de cet observatoire.  Celui-ci ajoute que "l’Afrique doit exiger que les paroles soient suivies d’actes et que les pays du Nord qui sont les plus grands pollueurs prennent leurs responsabilités".

Précisant son propos, il souligne que cette prise de responsabilité consiste en l’application du principe du "pollueur-payeur" qui veut que les pays qui polluent le plus, à l’instar des Etats-Unis, de la Chine et de l’Europe, mettent en place des programmes de lutte contre les changements climatiques et y apportent des financements conséquents. 

Les experts réunis à Djibouti, ont relevé que l’Afrique paie un lourd tribut aux changements climatiques dont les conséquences pourront aller de la baisse des rendements agricoles à un accès plus difficile à l’eau du fait des modifications des régimes des précipitations. 

Pour autant, un seul Etat africain, en l’occurrence le Gabon, a soumis dans les délais (31 mars 2015 au plus tard) son plan d’action climat en vue de la conférence de Paris.  Yacouba Gnègnè, spécialiste de l’économie verte au sein de la Commission économique pour l’Afrique (un organisme de l’ONU) explique que ce retard est dû à un manque d’encadrement ; mais aussi à un problème de calendrier. 

A l’en croire, les pays africains n’ont pas eu suffisamment d’assistance pour élaborer leur plan d’action climat qui nécessite parfois une technicité spéciale et l’ONU doit aider ces pays en mettant à leur disposition des experts dans ce domaine ; ce qui, dit-il, n’a pas été fait. 

"Si l’Afrique doit parler un seul langage à la conférence de Paris, une concertation à tous les niveaux doit être faite entre les pays du continent avant la tenue de cet important sommet, afin d’en tirer le maximum de profit", recommande cependant Yacouba Gnègnè.  En attendant, John Michael Derrey de l’Université de Massachussetts (Etats-Unis) qui participe à un programme international de lutte contre les effets des changements climatiques dans trois pays de la région (Kenya, Ethiopie et Djibouti), se montre confiant : 

"Je pense que Djibouti relèvera ses défis concernant la sécurité alimentaire et la résilience des populations. Notre objectif est d’amener des innovations locales en matière de résilience des populations face aux changements climatiques", dit-il.  Ajoutant que les pays de l’Afrique de l’Est sont à l’avant-garde des questions relatives à la préservation de l’environnement et de l’écosystème. 

Sciedev

L'Ouganda lance un projet de construction automobile

A partir de 2018, l' Ouganda fabriquera 7000 voitures hybrides par an, dans le cadre de son projet d’industrie automobile.

C’est du moins ce que révèle Paul Isaac Musasizi, directeur général par intérim de la Kiira Motors Corporation (KMC), une entreprise publique ougandaise.
 
La Kiira SMACK est une voiture hybride de cinq places fonctionnant à l'essence et à l’électricité, avec une vitesse maximale de 180 kilomètres/heure et une autonomie de 50 kilomètres. L'entreprise affirme qu'elle commercialisera aussi des breaks et des pick-up fabriqués en Ouganda. Toutefois, les spécialistes de l’industrie automobile estiment que plusieurs obstacles restent à surmonter pour assurer la viabilité du projet.
 
Selon Paul Isaac Musasizi, le gouvernement soutient le projet avec une enveloppe de 154 milliards de shillings (43,5 millions de dollars) et 40 hectares de terrain servant d’usine dans un parc industriel dans la ville de Jinja, dans le sud-est. Les fonds proviennent de l'Initiative présidentielle en matière de science et de technologie, une composante du programme du président Yoweri Museveni visant à faire de l’Ouganda un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, d'ici à 2040.

Bien que le projet soit susceptible de requérir davantage de financements, le directeur financier de KMC, Arthur Asiimwe Tumusiime, se dit confiant en ce que l'entreprise finira par obtenir plus d'argent et trouver de nombreux clients dans la région.
 
L'usine emploiera 2500 personnes et Arthur Asiimwe Tumusiime assure que l’entreprise va former la main-d'œuvre nécessaire, avec l'appui de partenaires à l'étranger.
 
En avril, KMC a trouvé un accord avec la firme américaine d'ingénierie RLE International pour l’élaboration d’une stratégie d'affaires détaillée et, plus tard, un soutien en matière d'ingénierie.
 
Mais dans une analyse publiée en juin, la revue spécialisée Automotives Insight s’était montrée moins enthousiaste.

Coûts de fabrication

"En plus de faire face à des coûts de fabrication élevés, en raison du faible niveau d'approvisionnement en énergie en Ouganda et de la disponibilité limitée de main-d'œuvre qualifiée, l'entreprise aura également du mal à trouver suffisamment de clients en Ouganda et en Afrique de l'Est", a-t-elle fait valoir. En outre, "les volumes de production auront du mal à soutenir la compétition avec d'autres producteurs au Kenya, le plus grand constructeur automobile de la région".
 
La société, pour sa part, affirme que la Kiira SMACK coûtera 20000 dollars, soit 15000 dollars de moins qu’un prototype de voiture électrique Kiira développé par l'Université de Makerere.
 
Ce véhicule à deux places peut transporter jusqu'à 1000 kg de charges, atteindre une vitesse de 100 kilomètres à l'heure et possède une autonomie de 80 km.
 
Alex Mbaziira, doctorant au Département de technologie de l'information appliquée à la George Mason University, aux États-Unis, a déclaré dans une interview par courriel que ce projet de développement de véhicules électriques et hybrides était intéressant.
 
Mais il a ajouté qu'il était difficile de percevoir les objectifs visés par l’initiative.
 
"Si l'un des objectifs est la production d'une nouvelle voiture à prix abordable, pour un marché ougandais ou africain, alors ce projet est loin d'être en mesure de produire une voiture abordable et commercialement viable", a-t-il estimé.
 
“Mais l’idée d’une voiture peu polluante participe d’une certaine logique dans les villes congestionnées, vu qu’elle pourrait être une alternative aux mini-fourgonnettes de taxi boda-boda et aux taxis-motos”, ajoute Alex Mbaziira. "Les conseils municipaux pourraient acquérir ces véhicules et les mettre en location pour les personnes qui ont besoin de se déplacer en ville", poursuit-il.
 
"En outre, il devrait y avoir des incitations pour l'achat d'un véhicule électrique, comme des crédits d'impôt verts, les parcs de stationnement verts et des stations de recharge gratuites ou au coût abordable."

Sciedev

Un nouveau recensement des éléphants en Tanzanie révèle un «déclin catastrophique».

Toujours selon Traffic, le ministre des Ressources naturelles Lazaro Nyalandu a annoncé lundi « plusieurs mesures pour protéger les éléphants du pays », comme le recrutement de 500 rangers supplémentaires cette année, en plus des 500 déjà embauchés en 2014.

Les éléphants et les rhinocéros constituent une cible de choix pour les braconniers, qui revendent ivoire et poudre de corne de rhinocéros en Asie où la demande est très forte.

Sur l’ensemble du continent africain, on estime à 30.000 le nombre d’éléphants illégalement abattus chaque année pour alimenter le commerce d’ivoire, essentiellement à destination de la Chine et d’autres pays d’Asie. Le prix de l’ivoire brut en Chine atteignait 2.100 dollars en 2014, selon l’ONG Save the Elephants et la fondation Aspinall.

Il reste 470.000 éléphants d’Afrique sauvages, selon un comptage de l’ONG Elephants Without Borders, contre 550.000 en 2006.

A l’échelle du continent, des experts récemment réunis en congrès au Botswana ont estimé que l’éléphant pourrait disparaître à l’état sauvage d’ici une vingtaine d’années si le braconnage continue au même rythme, qui ne permet plus aux populations de se renouveler.

LE SOIR

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