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Burundi: L’Assemblée Nationale fustige "l’ingérence" de l’Union Africaine dans l’affaire de l’assassinat du Président Ndadaye

L’Assemblée nationale vient de rejeter l’ingérence de l’Union Africaine dans l’assassinat du Président Ndadaye. C’est l’Honorable Pascal Nyabenda qui  l’a exprimé dans une conférence de presse tenue ce mercredi, 5 décembre 2018.

« L’Assemblée Nationale rejette les arguments avancés par président de la Commission de l’Union Africaine (UA) Moussa Faki Mahamat qui voit dans le mandat d’arrêt international contre Pierre Buyoya un acte qui pourrait porter atteinte à l’unité nationale et entraverait les activités de la Commission vérité et réconciliation (CVR) », indique Pascal Nyabenda. Pour lui, le Burundi n’est pas en crise, aucune situation n’empêcherait les institutions burundaises de fonctionner normalement.

Dans cette conférence de presse, l’honorable Pascal Nyabenda a continué de rappeler la communauté internationale de ne pas s’ingérer dans la vie politique du pays.

« Nous considérons qu'il s'agit plutôt de la poursuite d'une action qu'elle a déjà initiée et qu'elle entend clôturer », a-t-il ainsi ajouté, tout en encourageant la justice burundaise à continuer à mener des investigations approfondies, afin d’éradiquer définitivement l’impunité dans notre pays pour qu’aucun Burundais ou étranger ne songe plus à renverser les institutions démocratiquement élues », indique le Président de l’Assemblée Nationale.

En attendant que les auteurs de l’assassinat du président Melchior Ndadaye ne soient identifiés et jugés, le président de l’Assemblée nationale Pascal Nyabenda demande au peuple burundais et aux communautés étrangères vivant au Burundi de ne pas prêter oreille aux commentaires politiques, aux fins inavoués et de rester sereins en s’attelant au développement.

Pour rappel, cette conférence de presse a été organisée suite aux propos tenus par le président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat sur l’impasse du dialogue inter burundais et sur les arrestations des hauts gradés des ex forces armées burundaises. Moussa Faki Mahamat avait exprimé ses vives préoccupations et avait appelé le pouvoir en place  à faire preuve d’esprit de compromis dicté par la situation actuelle et mettre fin aux arrestations des hauts gradés de l’ancienne armée régulière, suspectés d’être impliqués dans l’assassinat du président Melchior Ndadaye.

Il n’est pas inutile de rappeler que le putsch militaire qui avait suivi l’assassinat du Président Melchior Ndadaye en octobre 1993 a occasionné la mort de plus de 300.000 morts. 

Sur le plan politique, les événements tragiques qui en ont suivi ont débouché, en peu de temps, sur l’ethnisation quasi-complète de la compétition politique. Il en résulta une méfiance quasi-totale, aussi bien du côté hutu que du côté tutsi en ce qui concerne la convivialité politique.   

La communauté internationale a déployé des efforts considérables pour le règlement du conflit naissant. Grâce à la médiation de l’ancien président tanzanien Mwalimu Julius Nyerere et de Nelson Mandela, le pays recouvra la paix dix ans après la signature des Accords d’Arusha (2000) et des Accords de cessez-le-feu (2003) avec le principal mouvement rebelle, le CNDD-FFD.  

Gaudence Uwineza

 

 

 


Journal Ukuri n°141

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