Lire nos articles en différentes langues ici

Rwanda: Les Sources de financement possibles pour l’eau dans le Secteur Agricole

Lors de l’Atelier organisé à Kigali par le Centre Africain des Objectif de Développement Durables (SDGCA) et qui a regroupé, il y a deux jours, des Experts du monde pour arrêter des stratégies devant régir la meilleure utilisation de l’eau disponible sur terre, le Coordinateur résident de One UN au Rwanda, Fode Ndiaye, s’est entretenu avec André Gakwaya de ARI et il pointé du doigt les sources de financements possibles pour l’eau dans le Secteur Agricole. Lire l’interview qui suit:

Agence Rwandaise d’Information (ARI): Qu’apporte de nouveau cet atelier capital pour atteindre les Objectifs de Développement Durables (ODD) ? 

Fode Ndiaye (F.N) - Je pense que cet atelier est important. Car, ce n'est pas seulement un appel, mais on va aller vers l’action, c'est-à-dire travailler sur trois actions: 1-Le leadership et la volonté politique ;  2- La gestion des connaissances et l’expertise ; 3-Le financement.

Ces trois volets combinés peuvent permettre d’utiliser l’eau agricole (clean water), assurer une irrigation appropriée, assurer l’accès à l’eau potable, développer la production agricole, maintenir dans l’emploi non seulement les jeunes et femmes, mais aussi accroître la lutte contre la malnutrition, la pauvreté, et assurer la suffisance alimentaire.

ARI- Quelles sont les sources de financement possibles pour l’eau dans le Secteur Agricole ? 

F.N - Je pense que les sources de financement possibles sont d’abord l’engagement des différents gouvernements. Nous avons eu Malabo qui a demandé aux gouvernements 10% de leur budget pour assurer le financement de leur agriculture et aussi créer un environnement favorable. 

La 2ème source qui est pour moi la plus importante est le Secteur Privé et le rôle des institutions de financement. Mais pour que les institutions de financement jouent pleinement leur rôle, il faut mettre en place des mécanismes appropriés de réduction des risques, puisque l’agriculture est considérée comme un secteur à très haut risque, ce qui n'est pas souvent le cas. Puisque moi-même je suis un banquier agricole et agronome. Donc je sais que ce n'est pas le cas. Mais c’est perçu ainsi. Les perceptions sont parfois plus importantes que la réalité. 

Il faut aussi que dans ce cadre que l’on puisse développer des filières agricoles appropriées, intégrées, qui partent non seulement des capacités, mais aussi qui puissent permettre d’ouvrir les marchés. 

Le Secteur Privé est aussi important, puisqu’il produit la part importante des intrants, que ce soit l’engrais, que ce soit le matériel agricole, que ce soit certaines connaissances. Et ce rôle du Secteur Privé dans la filière agricole est un rôle extrêmement important.

Le Secteur Privé est aussi important dans le sens où il faut ouvrir des marchés et connecter l’Afrique. L’Accord en Mars dernier sur la ZLEC/CFTA ici à Kigali va permettre de mieux connecter les marchés africains et développer davantage le marché pour les productions agricoles, l’eau en général, l’irrigation, l’hydraulique, mais aussi pour l’accès à l’eau potable et à la qualité de l’eau. C’est un marché que le Secteur Privé peut avoir. Vous avez aussi les philanthropies, les fondations et autres qui sont importantes pour prendre le rôle dans ce cas.

Et enfin, vous avez aussi dans ce cas les communautés elles-mêmes. Commet les communautés se prennent en charge ? Puisque vous avez ici des méthodes qui vous permettent de récolter l’eau. Ce sont des méthodes très simples. Même au Rwanda, nous avons appuyé cela à travers water harversting où dans les communautés, nous avons des tanks qui permettent de récupérer l’eau des pluies et de l’utiliser pour l’irrigation et s’assurer que cette eau de pluie est utilisée à bon escient pour l’alimentation en eau. Vous savez aussi que l’eau est très importante pour le bétail parce que l’élevage est un facteur important à utiliser à ce niveau. 

Dernier point : Souvent on regarde les investissements comme élément additionnel. On peut les regarder aussi comme développement de l’efficience. Par exemple un Rapport d PNUD a montré que l’inégalité des genres (on sait que les femmes jouet un rôle important dans l’agriculture) coûte à l’Afrique $US 95 milliards par an. Ce qui est aussi à peu près 1,5 fois les transferts des migrants. C’est aussi un important rôle que les migrants peuvent jouer en transférant des investissements appropriés pour le financement de cette activité importante.

Donc, pour me résumer : Premièrement : Il est important qu’on ait en conscience qu’il aller au-delà de la gestion des connaissances, mais aller dans le sens de l’action.

Deuxièmement : Il y a des ressources qui sont disponibles autant au niveau des budgets des Etats, des philanthropies, des institutions de financements locales, banques et marchés des capitaux. Mais aussi au niveau des institutions financières internationales. La Banque Africaine a son I5, la Manque Mondiale  a son SFI. Mais aussi au niveau des Nations Unies même si on n’est pas donateur dans le sens de structurer mieux les chaînes de valeur, et permettre ainsi le développement. 

Et enfin, le dernier point : Il y a des inégalités des genres, l’inclusion des genres qui sont des paramètres extrêmement importants si l’on veut faire en sorte que l’eau joue son rôle important pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

RNA


Journal Ukuri n°138

Calendrier

« November 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30    

ACP-UE, dans la perspective d'un nouvel accord Post-Cotonou