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Rwanda: Assemblée Générale de « l’Union Africaine de Radiodiffusion » – le besoin d’améliorer le contenu et de raconter des histoires africaines

Les radiodiffuseurs africains réunis à Kigali pour la 11ème Assemblée Générale de « l’Union Africaine de Radiodiffusion » (AUB) ont déclaré que la création et la production de contenus restaient un problème majeur en Afrique.

Les participants, s’exprimant hier lors de l’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée Générale au « Kigali Convention Centre » (KCC), ont réitéré la nécessité d’améliorer le contenu et de raconter les histoires africaines.

Monsieur Kwame Akuffo Anoff Ntow, le Président de l’AUB, a observé que la qualité du contenu produit par de nombreuses agences publiques de radiodiffusion est médiocre, soulignant que le paysage audiovisuel africain doit changer.

« Cette tâche concerne tous les responsables politiques ainsi que les responsables des chaînes de télévision africaines contemporaines, en particulier celles de la Fonction Publique qui sont en première ligne de la transformation », a-t-il déclaré.

Alors que la radio et la télévision sont classées dans le monde entier comme des outils sensibles, Monsieur Akuffo a déclaré que les deux plateformes ont une lourde mission éducative qui, selon lui, ne peut être atteinte que si la qualité du contenu est bonne.

En attirant des participants de plus de 46 pays à travers le continent et au-delà, Monsieur Akuffo a souligné que la rencontre était l’occasion pour les radiodiffuseurs africains de coopérer et de trouver des moyens d’améliorer le contenu.

Madame Louise Mushikiwabo, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a déclaré que malgré l’augmentation du nombre de stations de télévision au Rwanda, cela ne s’est pas traduit par un contenu amélioré pour les téléspectateurs.

«Très souvent, nous sommes confrontés à des « Telemundos » sud-américaines, à des feuilletons nord-américains et à des émissions de nouvelles européennes comme si nous, en Afrique, manquions de nos propres histoires à raconter. C’est un défi auquel sont confrontés nombre de nos pays », a déclaré la ministre.

Elle a ajouté que les médias internationaux, avec leurs propres objectifs et intérêts, ont dominé la région, ils établissent le programme des nouvelles, et racontent l’histoire de l’Afrique de leur point de vue au mieux et, au pire, la déforment.

Madame Mushikiwabo, qui est le porte-parole du Gouvernement, a également noté que la fausse représentation de l’Afrique dans les médias internationaux a fait dérailler le progrès du continent, soulignant que l’Afrique ne devrait pas rester silencieuse sur certaines des questions très difficiles qui doivent être discutées. Incluant la faiblesse des africains de raconter leurs propres histoires.

Madame Mushikiwabo, ancienne Ministre de l’information, a invité les participants à s’interroger sur la manière dont l’Afrique devrait utiliser l’ère numérique pour diffuser son contenu, le partager avec les Africains et créer une plate-forme médiatique capable de rivaliser avec les médias internationaux.

Monsieur Arthur Asiimwe, le Directeur Général de la « Rwanda Broadcasting Agency », qui a co-organisé la réunion, a noté que le coût de production d’un contenu de qualité est toujours élevé, appelant les membres à réfléchir à une manière durable de financer les institutions africaines.

« En Europe et en Amérique, les radiodiffuseurs publics sont financés par des taxes publiques et des prélèvements différents. Mais en Afrique, nous sommes laissés à la merci du trésor national, ce qui est souvent insuffisant. Nous devrions penser à la meilleure façon de nous financer », a-t-il noté.

Les participants, dont les ministres chargés de la communication du Botswana, du Ghana, du Cameroun, du Kenya, du Mali et du Sénégal, examinent le paysage des entreprises de radiodiffusion en Afrique et discutent de ce dont l’Afrique a besoin pour migrer.

Monsieur Asiimwe a indiqué que les deux tiers des pays africains n’ont pas encore quitté la technologie analogique.

Le Rwanda est l’un des rares pays africains à avoir réussi à passer pleinement à l’infrastructure numérique. Selon les statistiques, 95% du paysage géographique du Rwanda est sous la télévision numérique terrestre, tandis que les 5% restants sont couverts par satellite.

Entre temps, la rencontre d’hier été honorée par Monsieur Ahmad Ahmad, Président de la Confédération Africaine de Football (CAF), qui, aux côtés d’autres membres du Conseil exécutif de radiodiffusion de l’Union Africaine, a tenu une réunion à huis clos pour discuter notamment du football et d’autres problèmes.

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Journal Ukuri n°136

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