Lire nos articles en différentes langues ici

 

Le père Georges-Henri Lévesque est connu pour son immense héritage, entre autres pour son travail comme premier doyen de la faculté des sciences sociales de l’Université Laval et pour ses efforts en faveur de la modernisation du Québec sous l’ère Duplessis, qui ont contribué à l’avènement de la Révolution tranquille. Il est aussi connu pour le rôle qu’il a joué au sein du Conseil des Arts du Canada. Mais c’est au Rwanda que ce Québécois de l’Ordre des Prêcheurs a laissé ses marques les plus indélébiles. 

Nous sommes en janvier 1960. Un petit groupe de quatre Dominicains vient de s’établir à Butare, au sud du Rwanda, pour continuer la longue tradition des œuvres de missionnaires québécois en Afrique. Ces Dominicains débarquent à une époque de grands changements politiques en Afrique et au Rwanda en particulier. À l’instar d’autres pays africains, le Rwanda se prépare à son indépendance, qui lui confère de grandes responsabilités politiques. Les Dominicains québécois établis à Butare vont donc être aux premières loges pour accompagner ce nouveau pays fraichement indépendant, dans ses premiers pas vers le développement économique.

Après l’indépendance, le Rwanda est confronté à de nombreux défis : manque d’infrastructures en matière de transports et de communications modernes et développement économique très faible. De plus, peu de Rwandais ont les qualifications et la formation nécessaires pour remplacer le contingent de techniciens et d’administrateurs belges qui constituaient jusque-là l’essence du corps administratif et professionnel du pays. Sans un système d’enseignement supérieur, le Rwanda ne peut assurer son développement économique. Le Rwanda se doit donc d’établir sa propre université. 

En 1961, profitant de la visite postale que le Révérend Père Thomas Rondeau, alors provincial de l’Ordre des Dominicains, rend à la petite communauté des Dominicains établis à Butare, Grégoire Kayibanda, alors premier ministre et ministre de l’Éducation, demande si la communauté dominicaine du Canada peut se charger d’établir une université au Rwanda, un appel qui est ensuite relayé au Maître de l’Ordre à Rome.

Le projet est confié au père Lévesque qui quitte son Québec natal pour aller fonder au Rwanda, la toute première université de ce petit pays. L’Université nationale du Rwanda (UNR) ouvre ses portes le 3 novembre 1963. En toute logique, le Père Lévesque en devient le premier recteur. Il le restera jusqu’en 1972. 

C’est donc en souvenir de ce passé glorieux qu’en date du 2 novembre 2013, dans la région de la capitale nationale, plus d’une centaine d’anciennes et anciens de l’UNR se sont réunis pour les festivités jubilaires du 50e anniversaire de cette institution.

Les participants ont alors pris l’engagement de mettre en œuvre un ambitieux projet, le «Fonds de bourse d’études Georges-Henri Lévesque». 

Ce projet se voulait être une réponse à la question de savoir comment contribuer à pérenniser l’héritage laissé aux Rwandais par le regretté père Georges-Henri Lévesque. 

L’objectif affiché des participants consistait aussi à «donner aux générations suivantes ce qu’ils ont reçu de celles qui les ont précédés» en venant en aide financièrement aux étudiantes et étudiants rwandais de niveau universitaire, dans une situation financière précaire, dès lors qu’ils ont un excellent dossier d’études. 

C’est maintenant chose faite. Le 9 décembre 2017, une Assemblée générale constituante des anciennes et anciens de l’UNR s’est tenue dans les locaux du Collège universitaire dominicain à Ottawa, pour porter sur les fonts baptismaux le Fonds de bourse d’études Georges-Henri Lévesque. Les participants à cette rencontre ont formellement adopté les statuts devant régir ce Fonds. Le premier Conseil d’administration (CA) a aussi été élu.

Fait à noter, le président du Collège universitaire dominicain, le père Maxime Allard, est parrain de ce projet. Il agira à titre de personnalité indépendante au sein du CA. 

Le CA est déjà à pied d’œuvre pour trouver les moyens financiers devant renflouer les coffres de cette nouvelle organisation. Il faut aussi établir les critères d’éligibilité à cette «manne» qui tombe à point nommé pour la jeunesse rwandaise qui en arrache pour accéder aux études supérieures. 

C’est un bon défi que se donnent les membres fondateurs de cette initiative. Longue vie au Fonds de bourse d’études Georges-Henri Lévesque!

Augustin Baziramwabo, président du Conseil d’administration du Fonds de bourse d’études Georges-Henri Lévesque

Donatille Mujawamariya, professeur à l’Université d’Ottawa et déléguée aux relations publiques du Fonds de bourse d’études Georges-Henri Lévesque

 

Le Soleil

Le chanteur Noel Ngiama Makanda, alias Werrason, a lancé dans la province du Kwilu le projet « Construisons nos stades ». Un projet qu’appui le Ministère des Sports et Loisirs en faveur des jeunes en leur dotant des infrastructures sportives viables en RD-Congo.
 
Selon le musicien, ce projet consiste à organiser des concerts de musique dans les différentes villes du pays. Les recettes générées par ces concerts sont remises au ministère des Sports et loisirs pour « financer les travaux de réhabilitation ou de construction des stades à travers le pays, et cela par de contribution locale», a dit l’artiste à radiookapi.net lors du concert livré samedi 16 décembre, au stade Kazamba.
 
A l’étape de Kikwit, et à l’issue de son concert, Werrason a remis au ministre des Sports et Loisirs une somme de plus de 40 millions de FC et 38 000 dollars américains, don de certains notables de cette ville. Au lancement officiel de ce projet à Bandundu-ville, chef-lieu de la province, le chanteur a remis après son concert 37 millions de FC à Papy Niango, ministre de Sports et Loisirs.

Radio Okapi

France/Rwanda: la Cour européenne des droits de l’homme saisie sur les archives Mitterrand de l’époque du génocide
Un chercheur français va déposer un recours ce 14 décembre devant la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir l’ouverture des archives Mitterrand datant de l’époque de l’intervention militaire française au Rwanda et du génocide de 1994.
 
François Graner, qui a écrit plusieurs livres sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, ainsi que l’association dont il est membre, Survie, qui milite pour une refonte de la politique de la France en Afrique, ont annoncé qu’ils déposeraient ce jeudi 14 décembre un recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour « contester la réglementation française qui permet à la mandataire de l’ancien président François Mitterrand, de refuser l’accès à des archives pourtant déclassifiées ».
 
Le droit de demander des comptes
 
Le 7 avril 2015, la Présidence française – alors occupée par le socialiste François Hollande – avait annoncé la déclassification de ses archives sur le Rwanda pour la période 1990-1995, à l’occasion du vingt-et-unième anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsis au Rwanda (un million de morts), le 7 avril 1994. Mais la mandataire privée de François Mitterrand, Dominique Bertinotti, refuse de communiquer à François Graner les documents qu’il demande à consulter.
 
Ce dernier a introduit un recours en constitutionnalité du Code du patrimoine, qui permet à la mandataire de décider qui peut ou non consulter des archives d’anciens chefs d’Etat pendant les 25 années qui suivent leur décès (Mitterrand est mort en janvier 1996) et, cela, sans recours possible. M. Graner estime que cela « privilégie le secret des gouvernants au détriment des droits des gouvernés » et avait demandé au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la constitutionnalité de l’impossibilité de faire appel des décisions de l’Institut François Mitterrand administré par Mme Bertinotti et de dire si l’accès aux archives de gouvernement « fait ou non partie du droit de demander aux agents publics des comptes de leur action », droit « garanti par la Déclaration des droits de l’homme et donc par la Constitution ».
 
« Protéger un crime d’Etat »
 
Le Conseil constitutionnel français a décidé, le 15 septembre dernier, que les dispositions incriminées du Code du patrimoine étaient « justifiées par un motif d’intérêt général » et « ne portent pas atteinte à l’exercice de la liberté d’expression et de communication ».
 
Estimant que la décision de la justice française était « une forme de raison d’Etat visant ni plus ni moins à protéger un crime d’Etat » et ayant « épuisé tous les recours en France », M. Graner et Survie ont décidé de saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme.
 
Dans un communiqué publié mercredi, ils font valoir que la décision du Conseil constitutionnel a été prise alors qu’un de ses membres, Michel Charasse, est vice-président de l’Institut Mitterrand mis en cause. Le président de cette fondation privée est Hubert Vedrine, qui était secrétaire général de la Présidence de la République de 1991 à 1995 et a été mis en cause lui-même pour son rôle présumé dans le génocide des Tutsis – rôle qu’il dément. Survie souligne que M. Vedrine « s’obstine à refuser tout débat transparent sur le rôle des autorités politiques et militaires françaises vis-à-vis du camp génocidaire ». « Tous les gardiens de la Mitterrandie maintiennent une chape de plomb sur la complicité française dans le génocide des Tutsis du Rwanda », ajoute Survie.
 
La Libre Afrique

Pour Raouf Farrah analyste chez SECDEV, la crise migratoire est le résultat de la rapacité des milices libyennes intéressées par la manne financière que représentent les migrants. (Crédits : DR)

 

Raouf Farrah est analyste en chef de la section Afrique chez SecDev, un groupe d'analyse de risque politique, basé au Canada. Cet expert du Maghreb et du Sahel travaille sur des thèmes variés incluant le conflit et la sécurité, la criminalité transnationale, le cyberespace et la jeunesse dans la région. Cet expert décrypte pour La Tribune Afrique, les dessous de la crise migratoire et de ses dérives esclavagistes.

- La Tribune Afrique : Comment mettre fin à la traite des migrants dans un pays où règne le chaos comme c'est le cas de la Libye ?

Raouf Farrah : Tout d'abord, je tiens à signaler que le mot « chaos » peut porter à confusion. La Libye post-Kadhafi est une mosaïque d'écosystèmes politico-sécuritaires, administrés tantôt par la force -milices, groupes armés et chefs de guerre-, tantôt par des logiques tribales complexes. La division est/ouest, souvent évoquée dans les médias, est purement artificielle. Et afin de comprendre l'enjeu de la traite humaine en Libye, il est primordial que nous puissions, à partir de ces ensembles disparates, redessiner l'échiquier du pouvoir. Car mettre fin à ce fléau inhumain dans un pays où il y a trois gouvernements, une centaine de milices armées, une trentaine de centres officiels pour migrants et autant de prisons illégales est un défi de taille.

S'il fallait proposer deux pistes concrètes, je dirais que la première chose à faire est de lancer un message fort aux libyens eux-mêmes. On n'en parle très peu, mais il y a quelques communautés, surtout Amazigh, qui se sont mobilisées contre la traite humaine en Libye. Les habitants de la ville de Zuwarah (ouest de Tripoli) par exemple, mène depuis 2015 une âpre lutte contre les trafiquants, et ceci sans l'appui des fonds internationaux. La société civile libyenne doit se mobiliser de manière exemplaire.

La deuxième piste passe inconditionnellement par la prise de conscience chez les jeunes africains du danger de l'immigration illégale, particulièrement la route libyenne. Malheureusement, beaucoup ne le réalisent pas et désillusionnent en arrivant au pays. Un message fort doit leur être adressé notamment via des grandes campagnes de sensibilisation à l'échelle nationale. Dans la tête d'un jeune candidat à l'immigration clandestine, aller en Libye doit symboliquement signifier acheter son « propre billet en enfer ».

- La France et l'UA ont annoncé un plan d'urgence visant à évacuer les migrants de Libye, quelles sont les chances de réussite d'une telle mission ?

- C'est un plan ambitieux dont les contours paraissent encore flous. Le président de la Commission de l'Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, a évoqué le chiffre de 20.000 migrants concernés par cette opération de rapatriement étalée sur six semaines. L'UA doit faire vite et bien ! Les défis comme l'identification des migrants, la validation des sorties par les autorités libyennes, la coordination et la logistique avec les États membres sont colossaux. Si l'évacuation des centres officiels, administrés par la Direction de combat contre la migration illégale (DCMI), une force placée sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur du gouvernement d'union nationale se concrétise, les prisons illégales sont de leur côté, hors de contrôle du gouvernement officiel libyen.

L'administration de certains centres est « sous-traitée » à des groupes armés féroces, profitant du vide sécuritaire pour faire de la traite humaine. Le succès de l'opération dépendra en partie de la coopération avec ces mêmes groupes armés, mais aussi de leur rétribution financière. Beaucoup des milices se sont constituées une fortune colossale grâce à l'économie de guerre, notamment par l'accès direct à des centres de détention. Et plus que jamais, ce business s'est infiltré dans des pans entiers des institutions officielles. Un autre danger est que l'évacuation des migrants modifie les équilibres sécuritaires entre les barons du trafic. Ceci pourrait mener à des affrontements sanglants entre milices comme cela s'est passé à Sabratha en octobre dernier, aggravant davantage la situation des migrants.

- Après Frontex, l'UE a débuté une vaste stratégie visant à endiguer le flux migratoire au niveau des pays de transit, notamment au Maghreb et au Sahel. Est-ce qu'une telle stratégie ne risque pas de déstabiliser à termes des pays qui ne sont nullement prêts à faire face à cette nouvelle donne ?

- Tout à fait. L'Union Européenne tente par tous les moyens de refouler la crise migratoire vers la rive sud de la Méditerranée. Que ce soient par des politiques restrictives contre les ONG de secours, des alliances douteuses avec des milices, ou par une sorte de maîtrise des flux par « délégation souveraine » à des pays comme le Niger, le Maroc ou l'Algérie, l'UE est prête à tout pour contrer l'arrivée massive des migrants en terre européenne. Mais un pays comme le Niger par exemple n'a pas les moyens de jouer le rôle du gendarme pour l'Europe.

Les prochaines élections en Italie ne feront que raviver davantage le débat autour de l'immigration clandestine en Europe. Malheureusement de la mauvaise manière. L'été dernier, l'Italie a signé dans le secret le plus total un accord avec deux puissantes milices de Sabratha - ville à l'ouest de Tripoli, devenue capitale emblématique de l'immigration clandestine - afin de limiter les flux migratoires vers l'Europe. En échange, les miliciens avaient exigé leur reconnaissance politique par le gouvernement Serraj et du financement. Le comble de l'histoire, c'est que les deux milices en question sont reconnues comme étant impliquées dans des affaires de trafic humain. Ceci vous montre jusqu'où le gouvernement italien est prêt à aller dans la lutte contre l'immigration clandestine.

- Pensez-vous que la pression migratoire exercée sur l'Europe depuis les côtes libyennes poussera la communauté internationale à s'investir sérieusement dans la résolution du conflit qui mine le pays ?

- La crise migratoire en Libye souligne l'échec de la communauté internationale à faire face à l'un des plus grands défis du 21ème siècle. Je crois foncièrement que la sortie de crise ne pourra pas être portée par la communauté internationale, mais par les libyens eux-mêmes. C'est la seule voie vers la construction d'une Libye unie, prospère et en paix. Les puissants pays limitrophes comme l'Égypte et l'Algérie peuvent accompagner la Libye dans ce long chemin. Alors que l'Égypte soutient plus ouvertement le Maréchal Haftar, l'Algérie, maintient une position plus neutre, fidèle à sa doctrine de non-ingérence. Aussi, elle maîtrise parfaitement les logiques tribales. Il est fondamental que l'Algérie démontre un engagement diplomatique et politique fort dans la résolution du conflit Libyen.

- Est-ce que la médiatisation de la question des migrants en Libye ne risque pas de déporter le problème vers un autre pays comme la Mauritanie par exemple ?

- La Mauritanie est déjà dans le viseur des Nations Unies et des ONG en droits humains. Même si l'esclavage y perdure (certaines ONG parlent de 4 à 5% de la population), c'est une vraie institution socio-culturelle. Alors que le parlement mauritanien a adopté en 2015 une loi qui condamne l'esclavage comme un crime contre l'humanité avec des peines allant de 10 à 20 ans d'emprisonnement, les mobilisations des militants anti-esclavagistes avec à leur tête Biram Ould Dah Ould Abeid, fondateur de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), sont encore sévèrement réprimandées.

Mais je crois qu'il est important de signaler la différence entre la traite humaine en Libye et en Mauritanie. Même si les effets sont les mêmes, le phénomène n'est pas de même nature. À la différence de la Mauritanie, le trafic des migrants et la traite humaine en Libye sont portés à bout de bras par une véritable criminalité organisée. Cette dernière est transnationale et son mode opératoire se déploie sur une chaîne de réseaux complexes allant de la corne d'Afrique jusqu'aux endroits les plus reculés de l'Afrique de l'ouest. Cette criminalité ne fait généralement aucune différence entre humains, drogues, armes ou cigarettes. La seule chose que je peux vous affirmer, c'est qu'un travail de longue haleine attend les deux pays pour éradiquer la traite humaine.

Propos recueillis par Amine Ater | La Tribune Afrique

 

John Ndinga Ngoma avec AFP

C’est le premier dirigeant français à franchir le Rubicon sur un sujet jusqu’ici tabou : la rétrocession à l’Afrique de son héritage culturel et artistique. Emmanuel Macron fait de cette restitution l’une de « ses » priorités. Quitte à plonger tout un continent dans l’espoir.

“Le patrimoine africain (…) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou”, a déclaré le président français, à la fin de son discours tenu à Ouagadougou, dans le cadre de sa tournée africaine du 28 au novembre dernier au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana. Et d’ajouter : « Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique ».

Des mots qui redonnent de l’espoir au Bénin, après des mois de tractations symbolisées par la demande formulée officiellement en juillet 2016 par le président béninois Patrice Talon.

Pour le président Talon, qui a notamment fait campagne contre l’influence de la France dans son ancienne colonie, le rapatriement de ces œuvres permettra de “mieux faire connaître à nos populations la valeur de nos biens culturels et historiques” et “faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise”.

Irénée Zevounou, l’ambassadeur de la délégation du Bénin à l’UNESCO, estime que “4.500 à 6.000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées”.

L’accaparement des trésors du Royaume du Dahomey s’est fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi par les missionnaires qui ont “dépossédé les populations de ce qu’ils considéraient comme des fétiches”, explique M. Zevounou. 

‘Historique’

“C’est la première fois qu’un président français aborde le sujet frontalement et fait part de sa volonté d’aller dans le sens de la restitution”, écrivait aussitôt Marie-Cecile Zinsou, créatrice de la Fondation Zinsou à Cotonou sur sa page Facebook. “Il se pourrait que le discours de Ouagadougou marque un tournant majeur dans la suite des procédures”, se réjouit cette amatrice d’art franco-béninoise.

De nombreux autres partisans d’un retour des oeuvres du royaume du Dahomey – trônes royaux, récades (sceptres royaux), portes sacrées du Palais d’Abomey, statues anthropomorphes… – se sont exprimés depuis, comme Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). 

Dans une tribune publiée dans la presse, le président du CRAN se félicite d’une “rupture historique” dans le débat, et propose que le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies participe aux négociations entre les deux pays : “il s’agit d’une question de culture, mais aussi d’un enjeu de droit”.
Le droit, c’est bien ce qui bloque dans ce dossier épineux et particulièrement sensible. 

Les autorités françaises s‘étaient jusqu‘à présent rangé derrière “les principes juridiques d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité (…) des collections publiques”, pour argumenter leur refus de restituer des oeuvres, désormais tombées dans le patrimoine français.

Pour Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé en droit du commerce de l’art, le discours “tranché” d’Emmanuel Macron rompt avec la tradition juridique française établie en 1566 par “l‘édit de Moulins”. “Depuis cette époque, le domaine royal devenu ensuite le domaine public, est inaliénable et imprescriptible. Il est interdit, sauf exceptions rares, au prince, roi ou président de la République, de disposer de ce domaine. Les chefs d’Etat passent, le domaine public reste ! “, explique l’avocat.

Une telle restitution demanderait donc de changer la loi française. “C’est peut-être un peu naïf de ma part, mais j’espère que les relations s’améliorent entre le France et ses partenaires d’Afrique”, ose Ousmane Alédji, directeur du centre culturel béninois ARTISTTIK AFRICA. “Je préfère être aujourd’hui dans l’espérance du mieux”.

africanews.com

Journal Ukuri n°136

Calendrier

« October 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31