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Lors de la conférence de presse qui précède le concert à Kigali en octobre 2015. A gauche, son producteur rwandais, Judo Kanobana. DR

Deux ans après ses concerts à Kigali, le maestro de l’électro ne s’est toujours pas remis de ce voyage. Après avoir pris un médicament contre le paludisme, Stromae est atteint de graves troubles psychiques. Depuis, il récupère difficilement. Au Rwanda, nous avons découvert un pan de son histoire familiale. Tragique.

Paul, plus connu sous le nom de Stromae, a les yeux en amande de Pierre, son père. Le même regard charmeur et profond, et aussi la même voix, d’un métal rauque. Pierre pouvait en changer d’un coup, comme ça, pour chanter ou imiter n’importe qui, une connaissance, un fonctionnaire, un chauffeur de bus, devant ses amis hilares et ébahis.

Lors de dîners, parfois, il disparaissait de table et on le retrouvait dans le salon, déguisé en femme. Alors « Pierrot » improvisait un spectacle plein de dérision, jonglant avec des mots d’une légèreté profonde. C’était un athlète de 1,85 mètre, excellent joueur de basket-ball, jeune membre d’Espoir, l’équipe nationale rwandaise.

Stromae se souvient surtout de son père comme d’un étudiant en architecture à la mallette pleine de crayons. Pierre Rutare est retourné à Kigali en 1991 quand Paul avait 6 ans. Il monte son cabinet d’architecture, BD2G, avec cinq associés, dont André, ex-ambassadeur du Rwanda en Italie, et Charles, consul honoraire du Luxembourg. En 1988, il crée et finance sa propre équipe de basket, Inkuba (la foudre) dans le but de gagner le championnat 1994, remporté in extremis par l’entraîneur et ami de son ancienne équipe, à qui il a essayé, en vain, de piquer des joueurs. Pierre vit à cette époque avec une certaine Alphonsine, dont il a trois enfants. Alors que la guerre civile s’étend, il les fera tous évacuer de Kigali avec l’aide de Charles, le consul honoraire. Pierre croit encore à un règlement politique et pacifique du conflit entre Tutsi et Hutu. C’est ce qu’il dit à son ami Alexis, réfugié au Burundi, à qui il rend parfois visite.

Il est issu d’une dynastie, les Abatsobe, descendant du premier roi rwandais, Gihanga (1081-1114)

Pierre et tous ses copains ont étudié au collège Saint-André, fondé par des pères belges de Namur. Ensemble, ils vont dans les boums. Pierrot, en costume impeccable et nœud papillon, est assurément le plus beau d’entre eux. Charmeur, le mot est faible. C’est un dragueur qui a beaucoup de succès. Tout le monde le sait issu d’une dynastie, les Abatsobe, descendant du premier roi rwandais, Gihanga (1081-1114). Les Abatsobe président la séance d’intronisation du roi, en révélant son nom au peuple. A la cour, ils dirigent la cérémonie de la fête des prémices, où l’on implore que la récolte soit riche. Dans ce temps-là, le territoire de la dynastie se situe sur la colline de Kinyambi. Son blason est un tambour, Rwamo, un nom qui signifie « retentissement ». Certains y verront l’origine du don de ses descendants pour la musique et le spectacle.

Gabriel, le père de Pierre et grand-père de Paul, s’installe à Nzové, tout près de Kigali, dans les années 1950. C’est un être d’une rare intelligence, une figure, un meneur d’hommes, sous-chef de la région. On le surnomme « Locomotive ». Il a construit les premières routes du Rwanda et élevait dans cette campagne un troupeau d’inyambo, 4 000 têtes, des bovins superbes, racés. Il a un frère, Dusabe. Encore un personnage extraordinaire, celui-là, cet oncle de Pierrot, beau lui aussi, né sans jambes. Homme d’affaires, il conduisait une R5 aménagée, entièrement automatique, et adorait faire la fête. Lorsqu’il voulait danser, on l’asseyait sur le rebord d’une table et il bougeait tout le haut de son corps. Il se maria et fit cinq enfants.

Ces souvenirs font partie du Rwanda d’autrefois, d’avant le génocide. Car en avril 1994 tout bascule. Dans l’entourage de Pierre, il y a bien sûr les rescapés. Alexis, futur historien, juriste des droits de l’homme, Gilbert, membre de l’Unicef, qui vit au Canada, et un autre Pierre, nommé Malendo, l’entraîneur d’Espoir. Malendo fuit Kigali le 8 avril 1994, à pied, avec sa femme et ses cinq enfants, âgés de 1 à 10 ans. Une marche de onze jours, en se cachant, pour atteindre Butare. Un tireur allait faire feu sur lui, dans une rue, quand un vieillard l’a reconnu et a persuadé le tueur d’abaisser son fusil en lui disant qu’il s’apprêtait à abattre leur « entraîneur national ». De retour à Kigali, Pierre Malendo a cherché Pierrot partout. Sans résultat. Le père de Stromae avait été arrêté dans sa maison, puis emmené par la garde présidentielle. On ne sut jamais où. Il avait 35 ans. Gabriel, son père, a été exécuté à Kigali, quelques jours après, presque en même temps que son frère Dusabe, tué à la machette. Sa femme et trois de leurs enfants ont survécu. Mais ils ont gardé du génocide de lourdes traces, des corps mutilés par les tueurs...

Arnaud Bizot |Paris Match

La traversée de la mer Méditerranée en direction de l'Europe est «de loin le voyage le plus meurtrier du monde» pour les migrants, avec au moins 33.761 morts ou disparus entre 2000 et 2017, selon un nouveau rapport des Nations Unies.

Ce rapport, publié par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), note que le nombre le plus élevé de morts (5.096) a été enregistré en 2016, lorsque la route courte et relativement moins dangereuse de la Turquie vers la Grèce a été fermée, à la suite d'un accord entre l'Union européenne et la Turquie.

«Fermer les routes plus courtes et moins dangereuses peut ouvrir des routes plus longues et plus dangereuses, augmentant ainsi la probabilité de mourir en mer», souligne le professeur Philippe Fargues de l'Institut universitaire européen, auteur du rapport intitulé 'Quatre décennies de migrations transfrontalières sans papiers vers l'Europe'.

Plus de 2,5 millions de migrants ont traversé la Méditerranée sans autorisation depuis les années 1970.

Les traversées maritimes irrégulières ont commencé à augmenter dans ces années-là après que les États occidentaux, confrontés à la hausse du chômage suite à la crise pétrolière de 1973, ont exigé des visas pour des personnes jusque-là exemptées - la plupart des travailleurs migrants temporaires originaires d'Afrique du Nord et de Turquie.

Ces politiques ont encouragé ceux qui étaient déjà en Europe à rester, ont augmenté la migration irrégulière de familles pour rejoindre leurs proches en Europe et ont entraîné la création d'un trafic, indique le rapport.

Le rapport met également en évidence les différences entre les migrations de l'Afrique vers l'Italie, principalement via la Libye, et celles du Moyen-Orient vers la Grèce, via la Turquie.

Les arrivées en Italie comprennent surtout des ressortissants d'Afrique subsaharienne en réponse aux fortes pressions migratoires (croissance démographique associée à des opportunités limitées de moyens de subsistance, à un chômage élevé, à une mauvaise gouvernance et à une instabilité politique et économique).

Les arrivées en Grèce via la Turquie depuis 2009 comprennent principalement des ressortissants d'États touchés par des conflits et l'instabilité politique, tels que l'Iraq, l'Afghanistan et la Syrie.

UN NEWS

CNCLes médias burundais font encore face à des "défis immenses" en dépit des performances acquises au cours des cinq dernières décennies après l'indépendance, selon des participants la semaine dernière aux célébrations du 25ème anniversaire de la création du Conseil National de la Communication (CNC).

Ainsi, pour Fabien Segatwa, expert burundais en droit de la presse intervenant sur la législation de la presse burundaise sur invitation du CNC, malgré des acquis en faveur de l'épanouissement professionnel des médias locaux qu'il sied de saluer, la dépénalisation de la profession de journaliste au Burundi reste, en revanche, un "grand défi" à relever.

L'un des acquis importants à ce jour, a précisé M. Segatwa, c'est la loi sur la presse en vigueur, promulguée en 2015, qui renferme notamment des dispositions portant suppression de toutes les dispositions qui allaient à l'encontre de la liberté de la presse.

"Cependant, cette nouvelle loi sur la presse de 2015, garde une épine en elle-même, pour n'être pas allé jusqu'au bout en apportant une réponse appropriée à la problématique des délits de presse, en l'occurrence les injures et les diffamations. Car, à y regarder de près, finalement un journaliste est quelqu'un qui peut facilement être exposé pour un oui ou pour un non à ce qu'on peut appeler une diffamation après déformation d'une information même rigoureusement vérifiée", a-t-il fait remarquer.

Pour lui, l'ultime solution à cette problématique burundaise est la "dépénalisation complète" du métier de journaliste, afin que les journalistes soient passibles de leurs pairs ; c'est-à-dire en rendant possible les conditions de création, pour les journalistes, d'un "tribunal des journalistes" au premier tout comme au second degré.

Pour sa part, Spès-Caritas Kabanyana, correspondante de la radio Isanganiro en province de Bubanza (ouest) depuis la création de cette radio en 2002, est convaincue qu'à ce jour, le "difficile" accès aux sources d'information, est encore un défi d'actualité pour la presse burundaise.

Certaines autorités burundaises, a-t-elle expliqué, font "obstruction" à l'exercice de la profession journalistique dans le pays en procédant à la rétention des informations auxquelles le public a droit.

Néanmoins, le président du CNC, le journaliste Ramadhan Karenga, se dit satisfait de l'état des lieux de l'exercice de la profession journalistique au Burundi.

"Je me réjouis de constater qu'aujourd'hui, beaucoup plus de journalistes burundais, qui sont responsables au niveau social et qui font des papiers respectant le cadre d'éthique et de déontologie professionnelle, et ce que ce soit au niveau des articles de la presse écrite ou des émissions radiophoniques", a-t-il précisé dans un point de presse à l'occasion du 25ème anniversaire de la création du CNC.

M. Karenga en a profité pour annoncer que dans une perspective pour consolider les acquis sur les performances journalistiques dans le pays, le gouvernement burundais du président Pierre Nkurunziza, est en train de préparer la révision de quelques textes réglementaires dont la loi sur la presse, pour que ces textes s'adaptent aux "réalités actuelles".

"Je peux vous assurer que la révision de ces textes, vise beaucoup plus pour compléter quelques déficiences au niveau de l'application de ces différents textes, en vue de s'adapter davantage au travail des professionnels des médias", a-t-il indiqué

Agence Xinhua

Illustration : un migrant dans un centre de rétention à Gharyan, ville côtière en Libye, en octobre 2017 (image d'illustration).

Ce samedi 18 novembre, Paris était le théâtre qui a abrité deux manifestations africaines : l’une était dirigée par le journaliste Claudy Siar pour s’indigner du sort de ses Africains vendus dans les côtes libyennes et l’autre groupe emmenée par le chanteur interplanétaire Youssou Ndour faisait la fête. 

La capitale Française a été prise d’assaut hier, par une foule compacte de manifestants de la diaspora africaine, suite à la diffusion du reportage de journalistes de la chaîne américaine CNN sur la tragédie qui se déroule en Libye. L’ « esclavage des temps modernes » dont sont victimes des jeunes sub-sahariens en Libye a fait réagir Claudy Siar, l’animateur de « Couleurs Tropicales » sur la Rfi. 6000 valeureux Africains ont répondu à l’appelle de ce dernier devant l’Ambassade de Libye.

« Je n’ai jamais été aussi en colère, moi le descendant d’esclaves », explique-t-il, « Aujourd’hui, en Libye, on vend des Africains, on vend nos jeunes ». Cette vidéo est rapidement devenue virale, atteignant plus de deux millions de vues. Il fait partie des premiers à élever la voix pour interpeller les dirigeants africains.

Des centaines de personnes rassemblées devant les deux ambassades de la Libye dans les 15ème et 16ème arrondissement de Paris, se sont mobilisées pour crier leur indignation face aux pratiques d’esclavage auxquelles sont soumis des migrants africains en Libye.

Ils ont répondu à l’appel lancé par le célèbre journaliste, Claudy Siar et le panafricaniste Kemi Seba, contre ce qu’ils qualifient de retour de la vente ou le commerce des noirs sur la terre Africaine.

Et pendant que 6000 Africains se rassemblaient pour défendre leurs frères vendus et humiliés en Libye, 20 300 Africains ont eux, répondu à l’appel du chanteur planétaire Youssou Ndour.

Et même si le chanteur sénégalais s’est indigné de la situation de ses frères en Libye, sur le plateau de « Couleurs Tropicales », sa présence avant d’aller à la salle de Bercy aurait drainé encore beaucoup plus de monde que ces 6 000 valeureux Africains qui se rassemblés devant l’ambassade de Libye en France.

Senenews.com

The Voice Magazine, a décerné à Mme Jeannette Kagame, le Prix de la « Femme Africaine de l’Année » et le Prix de « l’Héroïne Africaine », pour son dévouement actif, implacable et passionné à l’amélioration de la vie des personnes vulnérables au Rwanda.

La Première Dame du Rwanda s’investit fortement à travers différentes actions de la « Fondation Imbuto » dont elle est la Présidente. Ces actions se portent essentiellement sur les plus démunis, les rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, la scolarité des filles méritantes qui n’ont pas les moyens de poursuivre leurs études.

Ces différentes actions tournées essentiellement vers les plus pauvres viennent d’être récompensées par ces deux prix décernés par « Voice Magazine ».

RNA

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