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Le saut en hauteur faisait partie des rites d'initiation dans le Rwanda précolonial. Les photos de bonds prodigieux restent fascinantes. Des chercheurs ont tenté d'en décrypter les secrets.

Les photos connues du Rwanda précolonial ont souvent trait aux activités où la culture, le jeu et le sport sont étroitement liés : les danses des femmes ou des guerriers intore, les rythmes des tambours royaux, la procession des vaches royales, et des pratiques physiques dont une va frapper l'imagination : le saut en hauteur ou gusimbuka urukiramende, où l'on voit des Tutsi faire des bonds prodigieux, évalués par certains à 2,50 m, soit au-delà de l'actuel record du monde, détenu depuis 1993 par le Cubain Javier Sotomayor avec 2m45. Petit détail : les athlètes rwandais prenaient appui sur un minuscule tremplin, comme une pierre ou une termitière.

Il n'empêche : ces performances étaient si fascinantes que les délégations de passage adoraient se faire photographier au moment des sauts. Sur les clichés, dont certains sont exposés au musée de Butare au Rwanda, on peut apercevoir le duc de Mecklembourg, l'explorateur anglais Patrick Balfour, mais aussi la future reine Astrid de Belgique, trônant à côté du sautoir tandis que des athlètes survolent la fine tige de roseau.

Fin connaisseur du pays des Mille Collines, le Gantois Lode Van Pee a voulu en savoir plus : s'agissait-il de sport ou de rituels ? Pourquoi les Rwandais n'ont-ils jamais excellé dans cette discipline aux Jeux olympiques ? Il a donc pris l'initiative d'une étude approfondie assortie de photos saisissantes, en concertation avec les autorités rwandaises et l'université de Gand, avec pour objectif final de relancer ce sport au Rwanda, tombé en désuétude sous le mandat belge.

Dans leur recherche, les auteurs ont retrouvé cinq témoins vivants, dont le plus vieux a 90 ans. On apprend ainsi que le saut en hauteur était pratiqué exclusivement par les hommes dès leur jeune âge. Des compétitions étaient organisées dans tout le pays et les meilleurs étaient invités à se produire à la cour du roi. Le sauteur courait à pieds nus droit devant lui vers l'obstacle, en pagne et avec les armes à la main, sauf quand c'était dans un cadre festif où seule importait la beauté du geste.

Outre les aspects historiques, les auteurs ont analysé le mouvement de ces sauteurs. Comment comparer leurs performances avec celles des champions actuels ? A cette fin, des chercheurs gantois ont numérisé et modélisé les photos et films disponibles. Pour évaluer la hauteur, ils ont pris des points de comparaison, par exemple Astrid qu'on voit sur une des photos. Il a donc fallu enquêter sur sa taille, et déduire la hauteur de son couvre-chef. En intégrant un maximum de variables, ils en ont conclu que les performances nettes ne dépassaient guère 1,90 m. "Mais si des athlètes avaient participé aux Jeux olympiques de l'époque, les meilleurs auraient été capables de remporter une médaille", concluent ces scientifiques qui n'esquivent toutefois pas un ultime piège : le trucage des photos.

La discipline sera-t-elle réintroduite au Rwanda ? "Les fruits de cette recherche préliminaire pourraient ouvrir la voie à l'identification de sauteurs talentueux parmi les jeunes Rwandais", s'enthousiasme Lode Van Pee, qui pense que son rêve de voir un médaillé rwandais "se rapproche". Reste à voir avec quelle technique de saut, celle-ci ayant bien évolué depuis cent ans.

François Janne d'Othée, LE VIF

Les coups de barres de fer et les brûlures à l’acide figurent parmi les méthodes de torture mises en œuvre par les forces de sécurité du Burundi en vue d’extorquer des « aveux » et de réduire au silence la dissidence, écrit Amnesty International dans son rapport publié lundi 24 août 2015.

Cette synthèse, intitulée « Dites-moi ce que je dois avouer » Torture et autres mauvais traitements perpétrés par les forces de police et le service des renseignements burundais depuis avril 2015 présente les témoignages poignants de victimes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces de sécurité. Elle met en évidence une forte hausse du recours à la torture au Burundi depuis avril 2015.

« Les témoignages que nous avons reçus sont aussi terribles qu’inquiétants, car la torture et les autres formes de mauvais traitements sont prohibés par la Constitution du Burundi et par les traités régionaux et internationaux auxquels le pays est partie, a déclaré Sarah Jackson, directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs d’Amnesty International.

« Le gouvernement doit mettre fin de toute urgence à ces pratiques et suspendre sur-le-champ de leurs fonctions tous les responsables présumés de crimes relevant du droit international comme la torture, dans l’attente d’enquêtes et de poursuites approfondies, indépendantes et impartiales. »

Le gouvernement doit mettre fin de toute urgence à ces pratiques et suspendre sur-le-champ de leurs fonctions tous les responsables présumés de crimes relevant du droit international comme la torture, dans l’attente d’enquêtes et de poursuites approfondies, indépendantes et impartiales.
Sarah Jackson, directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs d’Amnesty International

D’après les témoignages recueillis, le Service national des renseignements (SNR) et la Police nationale du Burundi (PNB) sont responsables d’actes de torture et de mauvais traitements infligés à un militant des droits humains et à un journaliste, ainsi qu’à des détenus arrêtés depuis avril 2015 en raison de leur participation présumée à des manifestations contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Un homme arrêté fin juin a montré aux délégués d’Amnesty International les marques laissées par les coups qu’il a reçus alors qu’il se trouvait aux mains du SNR. Cet homme a déclaré : « Ils ont commencé à me frapper à coups de barre de fer. Ensuite, ils m’ont dit de me déshabiller. Ils ont pris un jerricane de cinq litres rempli de sable et l’ont attaché à mes testicules. Ils l’ont laissé pendant plus d’une heure ; j’ai perdu connaissance. Lorsque j’ai repris mes esprits, ils m’ont fait asseoir dans une flaque d’acide pour batterie… La brûlure était atroce. »

Un autre manifestant arrêté a raconté avoir été torturé et contraint de passer aux « aveux ». Il soignait encore ses blessures lorsqu’Amnesty International a recueilli son témoignage au mois de juillet. Il a déclaré : « Ce soir-là, ils m’ont mis dans une toute petite pièce. Je n’avais pas la place de m’allonger, j’ai dû dormir assis. Le lendemain, ils m’ont conduit dans une pièce tout aussi petite, dont le sol était jonché de petits cailloux. J’y ai passé toute la journée. Le troisième jour, ils m’ont conduit dans une pièce avec un tas de bouts de verre et ont menacé de me couper avec ces tessons. Ils m’ont demandé d’écrire la liste de toutes les personnes que je connaissais et de signer un document dans lequel je m’engageais à ne plus participer à aucune manifestation. Je l’ai signé. »

Les cas de torture et de mauvais traitements recensés se sont déroulés dans l’un des centres du SNR, et dans un centre de détention non officiel de la police baptisé Chez Ndadaye. Les policiers frappent les détenus à coups de câbles électriques et de matraques, tandis que les agents du SNR se servent de barres de fer et plongent la tête des détenus dans de l’eau sale.

Amnesty International a également eu connaissance de cas d’« aveux » forcés. Un homme détenu et torturé par le SNR au mois de juin a raconté à l’organisation : « Ils ont menacé de me tuer si je ne passais pas aux aveux. Mais je leur ai répondu : Comment le pourrais-je si je ne sais rien ? Vous devez simplement me dire ce que je dois avouer. »

Selon le témoignage d’un homme interpellé par la police en juin, le SNR a tenté de lui extorquer des informations : « Ils m’ont roué de coups. Ils ont utilisé une barre métallique et m’ont infligé des décharges électriques sur l’annulaire. »

Dans les cas recensés par Amnesty International, les détenus n’ont pas été autorisés à consulter un avocat ni à entrer en contact avec leurs familles durant leur détention au centre du SNR. Aucun de ces cas de violations des droits humains ou de torture n’a semble-t-il fait l’objet d’une enquête.

« Le gouvernement du Burundi doit prendre sans délai des mesures afin de garantir l’obligation de rendre des comptes, d’accorder des réparations pour les actes de torture et les mauvais traitements infligés par les membres des forces de sécurité et d’empêcher que de tels actes ne se reproduisent, a déclaré Sarah Jackson.

« La communauté internationale doit exhorter le gouvernement à honorer ses engagements régionaux et internationaux en termes de droits humains et les observateurs de l’Union africaine chargés de veiller au respect des droits humains, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture doivent être autorisés à se rendre dans le pays afin d’enquêter sur ces accusations. »

Voir aussi le rapport d’Amnesty International intitulé Braving Bullets: Excessive Force in Policing Demonstrations in Burundi.

Complément d’information

Des manifestations ont eu lieu à Bujumbura, la capitale du Burundi, entre le 26 avril et la mi-juin 2015 pour protester contre la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat lors de l’élection de juillet 2015, ce qui était perçu par beaucoup comme une violation de la Constitution et des accords d’Arusha.

En juillet, Amnesty International a publié un rapport dénonçant les graves violations des droits humains commises par la police dans le cadre du maintien de l’ordre lors des manifestations. La police a en effet recouru à une force excessive et disproportionnée, notamment meurtrière, allant même jusqu’à tirer sur des manifestants non armés qui s’enfuyaient. Elle a également utilisé des gaz lacrymogènes et des balles réelles lors de manifestations à laquelle participaient des enfants.

Le Burundi est lié par divers traités régionaux et internationaux qui interdisent la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Aux termes de cette Convention, la torture est définie comme « tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, lorsqu’une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite. »

Amnesty International, 27/08/15

L’organisation à but non lucratif, Peace One Day va célébrer la jeunesse, le 21 septembre prochain à Kigali, au Rwanda, au cours de la Journée de la paix, annonce, ce jeudi, par un communiqué transmis à la PANA.

La célébration de la jeunesse par Peace One Day fait partie de la plus vaste campagne qu’elle initie dans la région avec le soutien de la Fondation Howard G. Buffett. Elle est organisée en partenariat avec la Commission nationale pour l’unité et la réconciliation du Rwanda (CNURR) avec le soutien des ministères rwandais de la Jeunesse et des TIC et celui des Sports et de la Culture.

L’événement soulignera comment la paix peut être nourrie par la musique, la danse et le sport, et mettra en scène des jeunes de la région inspirés par une expérience personnelle de paix.

Justifiant l’organisation de cet événement, le fondateur de Peace One Day, le réalisateur Jeremy Gilley a souligné que la jeunesse doit être la force motrice de leur vision d’un monde uni et durable, et la Journée de la paix du 21 septembre est le point de convergence de leur action en faveur de la paix.

Cet hommage à la jeunesse sera marqué par la toute première interprétation de l’hymne de la Journée de la paix Coca-Cola.

Composé par le musicien Zwai Bala et produit par Coke Studio Africa, l’hymne vise à inspirer la génération montante à célébrer la Journée de la paix et à devenir le catalyseur d’une paix durable dans la région.

Il sera interprété par des artistes africains de renom tels que Ice Prince du Nigeria, Dama Do Bling du Mozambique, Maurice Kirya de l’Ouganda, Alikiba de la Tanzanie et Wangechi du Kenya, rejoints ce jour-là par les superbes groupes de danse Krest Crew et Jabba Junior, ainsi que les artistes Innoss’B, Urban Boyz et Knowless.

L’hymne de la Journée de la paix sera disponible sur iTunes dès le 21 septembre prochain. Il sera en même temps diffusé dans tout le pays et dans le monde entier sur les ondes de l’Agence rwandaise de radiodiffusion (ARR).

Tous les bénéfices de sa vente seront versés à l’association Peace One Day et l’aideront dans son objectif de faire parvenir à trois milliards de personnes d’ici 2016, le message de la Journée de la paix, avec le hashtag #PeaceDay, mot clé de la campagne sur les réseaux sociaux qui encourage une action à grande échelle en cette journée et se veut un outil clé pour atteindre cet objectif.

Panapress

L'art s'installe dans les rues de Kinshasa avec l'atelier Kinact

Jusqu’au vendredi 28 août, la première édition du festival d’art dans la rue, Kinact, investit les quartiers populaires de Kinshasa. Avec des performances et des ateliers, des artistes congolais apportent l’art partout, et surtout, là où on ne l'attend pas.

L’exposition «Ebaute congo » fait salle comble depuis plus d’un mois à Paris : les œuvres de plus de 35 plasticiens congolais ont attiré des dizaines de milliers de spectateurs. A Kinshasa, d’autres artistes congolais ont décidé de prendre le contre-pied de cette rétrospective parisienne, en montrant à un public populaire, et dans la rue, leurs œuvres souvent méconnues des habitants. L’initiative,Kinact, est animée tous les jours dans les quartiers populaires de Kinshasa, ouverts aux enfants et aux adultes.

Ateliers initiatiques

Assis autour de table en plastique, à l’ombre d’une terrasse, les enfants ont la tête penchée, concentrés sur les dessins qu’ils ébauchent à grands coups de feutres. Brandon, 10 ans, dessine une maison « avec une porte et une fenêtre… C’est tout. » La scène se déroule à Matonge, un quartier populaire de la capitale. Le peintre Eddy Ekete et d’autres artistes congolais y animent un atelier gratuit, ouvert à tous avec l’objectif d’initier ces enfants en vacances.

Eddy Ekete doit lutter contre les idées reçues : « Au Congo, quand on dit qu’on est artiste, tout le monde se dit qu’on est musiciens. Alors, on leur dit que l’art, ce n’est pas que la musique. L’art, c’est aussi le dessin, la peinture, la sculpture. Mais c’est un combat, un travail sur le long terme. »

S'exprimer dans la cité

Le combat passe d’abord par du porte-à-porte pour expliquer la démarche de ce collectif d’artistes qui veut amener l’art partout et surtout, là où on ne le trouve pas comme l’explique l'artiste Kura Shomali, actuellement exposé à la fondation Cartier : « Il n’y a pas de salle de théâtre, ni de salle de cinéma. Il n’y a même pas de foire où les enfants peuvent jouer. Alors, heureusement qu’on les approche dans la cité et qu’on leur propose quelque chose comme la peinture, où ils peuvent s’exprimer. »

Passer le témoin, s’exprimer et ressentir… Chaque jour depuis deux semaines, un quartier kinois rencontre ces artistes locaux entre ateliers et performances. Par exemple cette sculpture géante : une maison constituée de machettes, exposée quelques heures en pleine rue et investie par des musiciens.

L’initiative Kinact se déroule jusqu’à vendredi à Kinshasa. Ce mardi 25 août, les artistes seront près de l’aéroport dans la commune de Ndjili, et jeudi 27 août, au musée d’art contemporain de Kinshasa.

RFI

La journée mondiale de la jeunesse a été célébrée avec faste dans la ville de Goma (Nord-Kivu) par une coalition des ONG locales le 13 août dernier.Cette journée de sensibilisation axée sur la thématique : « engagement civique des jeunes » est exécuté avec l'appui de la Division de l'Information Publique de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (Monusco).

Le point sur le déroulement de cette activité dans cet entretien que Jody Nkashama a eu avec Sylvie Manzambi, membre de l'ASBL Medias pour l'Education des Masses (MEDUMAS).

Radio Okapi

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