Lire nos articles en différentes langues ici

Un suspect accusé de génocide et extradé depuis l'Allemagne est arrivé vendredi à Kigali, capitale du Rwanda, a rapporté la police rwandaise.

Ce suspect, du nom de Jean Twagiramungu, est acusé d'avoir orchestré le massacre de populations tutsi dans l'ex-préfecture de Gikongoro dans le sud du Rwanda.

M. Twagiramungu a été arrêté et extradé grâce à la coopération d'Interpol.

Il a été arrêté il y a deux ans et il a lutté contre l'extradition devant différents tribunaux d'Allemagne, selon la police nationale du Rwanda.

L'avion transportant M. Twagiramungu a atterri vendredi soir à l'aéroport international de Kigali.

"M. Twagiramungu a été remis à la police judiciaire qui a cinq jours pour finaliser son dossier et le remettre au Parquet", a indiqué la police sur son compte tweeter.

En 2014, un tribunal allemand a prononcé une peine de 14 années de réclusion à l'encontre d'Onesphore Rwabukombe, ex-maire rwandais de Muvumba dans le nord-ouest du Rwanda, après l'avoir reconnu coupable de complicité de génocide.

M. Rwabukombe vivait en Allemagne depuis 2002, où il avait demandé l'asile politique. Le tribunal a ensuite procédé à ce jugement car le gouvernement allemand craignait que l'accusé n'ait pas doit à un procès équitable s'il était extradé au Rwanda.

Le génocide de 1994 a coûté la vie à plus de un million de personnes, principalement des Tutsis et des Hutus modérés.

APA

Au terme de sa Mission de trois années passées au Rwanda, l’Ambassadeur de Belgique, Arnout Pauwels, dresse le bilan de ses réalisations et apprécie les nombreux résultats déjà atteints par ce pays en matière de développement économique, bien qu’il y ait encore plus à accomplir. Puis il aborde les aspects de la coopération entre la Belgique et le Rwanda, ainsi que le souvenir qu’il emporte du Rwanda. Lire l’interview exclusive qu’il a accordée au journaliste André Gakwaya de ARI.

Agence Rwandaise d’Information (ARI)- Quel bilan de votre séjour de trois ans au Rwanda voudriez-vous dresser ?

Ambassadeur Arnout Pauwels (A.P) – Il y a différents domaines, la politique, la coopération, les personnes. Pour la coopération mon bilan s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre des Programmes d’Energie, de la Santé et du Renforcement des Administrations Locales.

Au niveau de l’Energie, on a continué la construction des lignes électriques dans la Province de l’Est en même temps que le renforcement des capacités de REG (Rwanda Energie Group) ou Office rwandais en charge de l’Energie.

Au niveau de la Santé, un secteur dans lequel on était actif au Rwanda depuis 50 ans, on est le seul bailleur à contribuer directement au budget du Ministère de la Santé. On construit, on aide avec la gestion, et on est aussi actif dans la Santé Mentale, tous à travers les structures rwandaises. Il y a aussi le renforcement des capacités locales dans huit districts, notamment au niveau des projets pilotes pour renforcer le développement économique. Dans ces trois domaines, la mise en œuvre se poursuit jusqu’en 2018 -2019. A part un petit projet en énergie pour appuyer le Secteur Privé, tous les Accords bilatéraux avec les Gouvernements sont signés.

Donc une fois qu’on a avancé encore dans la mise en œuvre, les deux Gouvernements vont évaluer s’il faut ou non continuer le programme de coopération, et dans quels domaines et quelle sera l’ampleur.

Je suis, en termes de bilan, fier. Parce que j’ai mis en avant l’importance d’un focus sur les Droits de la Femme dans la mise en œuvre des programmes et des politiques, et dans le dialogue avec le Gouvernement à plusieurs niveaux et avec plusieurs Ministères.

Mes Ministres, tant des Affaires étrangères que de la Coopération, estiment que pour qu’une société puisse se développer pleinement, il faut l’apport de chacun et de chacune. Pour que la femme contribue au développement, il faut des droits nécessaires dans plusieurs aspects. Et pour que cet apport puisse avoir lieu, il faut que l’individu, la femme puisse exercer pleinement ses droits, que les capacités de la personne soient renforcées.

Par exemple : la femme doit être protégée contre la violence intra-familiale. Elle doit avoir l’espace pour lancer une entreprise au niveau du développement économique. Elle doit avoir la possibilité, avec le mari, de décider si oui ou non il faut avoir des enfants, et combien et sur quelle durée. Ceci est très important pour le Rwanda. On en parle maintenant un peu plus dans la communauté des donateurs et dans les projets. Tout le travail a été fait avec mon équipe. C’est un élément sur lequel je suis plus satisfait.

Au niveau politique, pendant trois ans, j’ai pu constater qu’il y a eu un contact relativement régulier à plusieurs niveaux : le Président Kagame, notre Premier Ministre et les Ministres des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Jeunesse et ICT, de la Santé. Et des contacts aussi au niveau des Ambassadeurs à Bruxelles et à Kigali.

Dans ces contacts, on a pu échanger sur le contenu de nos relations bilatérales sur des projets concrets, sur la situation régionale et internationale. Exemple : La réforme de l’UA, un projet mené par le Président de la République. Donc, on a de bonnes relations politiques. On a géré le quotidien. On a constaté qu’on partage des préoccupations humanitaires. A certains moments, on a partagé les préoccupations sur la situation au Burundi.

Ces trois années pour moi ont été terminées par l’Election Présidentielle et le processus de cette Election. L’UE s’est prononcée au nom des 28 pays membres. On a constaté une participation massive de la population, mais aussi des irrégularités au niveau du comptage, qui sont peut-être minimes. Mais il y a lieu de vérifier comment faire mieux à l’avenir.

L’UE a partagé ses observations avec quelques missions et la Commission Electorale Nationale (NEC). Et la NEC nous a remerciés pour ces observations. On a fait aussi référence à l’observation faite par la mission de l’UA qui parle entre autres du financement de la campagne.

Un autre élément que je pourrais qualifier comme positif, c’est l’augmentation du nombre  de visiteurs rwandais à destination de l’Europe. L’Ambassade de Belgique exécute les services de demandes de visas pour une vingtaine de pays de l’UE. On a constaté une augmentation du nombre de demandes. J’ai mis une attention particulière à la qualité du service rendu aux demandeurs venant du Rwanda et des Kivus. 85% de demandes des Rwandais sont approuvées. Nous essayons d’accompagner les demandeurs qui en ont encore besoin pour compléter le dossier. Je pense que le voyage vers l’Europe est une expression indéniable, très concrète de ce qui lie le continent africain à l’Europe.

Et peut-être un dernier élément au niveau bilatéral, j’ai pu accompagner des activités dans le secteur de l’industrie créative et des arts : mode, création de vêtements, la vente, la fabrication, la présentation. On a échangé du savoir-faire. On a fait venir des musiciens, des personnes de théâtre  et de la danse. On a aussi soutenu des artistes rwandais, des jeunes peintres, hommes et femmes. Ici, c’est l’art et la culture, et l’échange avec les personnes, c’est cela qui m’a laissé un souvenir très positif.

ARI- Quelle est l’image que vous emportez du Rwanda ?

A.P – L’image que j’emporte du Rwanda ? Un diplomate n’est qu’un visiteur temporaire. Il a le plaisir et le privilège de séjourner plusieurs années dans un pays. Ses impressions restent forcément relativement superficielles. Vous été un Peuple travailleur, ouvert, chaleureux, avec un peu de l’humour, surtout une fois qu’on a dépassé les courtoisies du premier moment. Un pays en plein développement socio-économique, qui a déjà atteint beaucoup. Mais comme l’a dit le Président Kagame, il y a encore un long chemin à faire.

Le Rwanda reste malheureusement un pays pauvre, avec une population pauvre, même si le pays a fait des progrès.  Mais les idées politiques sont là. Dans cinq, dix ans, on verra les progrès réalisés et où va se trouver le pays. Fondamentalement, je pars du Rwanda avec un sens d’espoir pour l’amélioration des conditions de vie du Peuple rwandais qui a la chance de vivre  dans un très beau pays, avec un climat tempéré, même si parfois certaines zones souffrent de sécheresses, avec des impacts négatifs pour l’agriculture.

ARI- Pensez-vous que le Rwanda peut être un exemple en Afrique et dans le monde sur certains aspects ?

A.P – Je crois que certains pays peuvent être des modèles pour d’autres sur certains aspects, certaines politiques, certaines approches. Il est  clair que pour un certain nombre de choses bien connues, d’autres pays en Afrique et dans le monde regardent avec étonnement et admiration l’Etat du pays et son trajet. Non seulement le trajet qu’il a fait, mais aussi le talent.

Je crois qu’il faut mentionner le Génocide d’il y a 23 ans. C’est très peu de temps certes, 23 ans. Là aussi, c’est avec étonnement et admiration qu’on regarde comment la population vit ensemble. Aujourd’hui, j’ai lu un Article dans le Journal New Times où il est question d’une victime et d’un ex-bourreau qui se sont réconciliés. Le bourreau a demandé pardon.

Le Génocide a été un événement qui est peut-être unique dans l’histoire. D’innombrables personnes ont perdu leur vie surtout dans des circonstances absolument atroces, incompréhensibles.  Cela laisse perplexe même après 23 ans. Certes, il faut savoir tourner la page, mais cela ne veut pas dire oublier. C’est un processus qui est mené ensemble par la population entière, par le pays. Ensemble, vous prenez la décision et la route qui s’imposent.

Donc, le souvenir du Rwanda reste un pays marqué par une Tragédie. Il n’y a que le silence et le respect pour les victimes qui, en fin de compte, est important.

Et dans ce cadre, je peux dire aussi que la Belgique est un des pays les plus actifs au niveau du combat contre l’impunité pour ceux sont suspectés d’avoir été complices dans ce Génocide. Il y a eu des procès en Belgique. Il y a d’autres en préparation; ça prend du temps malheureusement. Mais on avance au cas par cas. C’est la coopération judiciaire qui continue à progresser comme autre élément de renforcement des relations de coopération entre les deux pays.

Et donc, quand on a été diplomate dans un pays, on reste marqué par cette période. On ne peut pas être bon diplomate sans qu’on a senti le pays et établi certains rapports avec lui. Il est clair que pour moi, je n’oublierai pas le Rwanda. Et je garde d’excellents souvenirs et des liens d’amitié que j’ai pu établir avec les différentes personnes de toutes les couches dans différents coins du pays.

Agence Rwandaise d’Information

Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi est en tournée africaine depuis lundi 14 août. Le général égyptien est attendu le mercredi 16 août à Libreville, où il séjournera pendant 48 heures, dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié. Mais que va chercher vraiment Al-Sissi en Afrique noire notamment chez le pays de Ali Bongo? Eléments de réponse.

C'est une première. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi est attendu à Libreville pour une visite de 48 heures. Le raïs qui effectue depuis lundi 14 août une tournée africaine est le premier pharaon à se rendre au Gabon dans le cadre d'une visite officielle. Le voyage est une initiative du président gabonais Ali Bongo qui s'est rendu deux fois en Egypte, en 2015 et 2016. La visite est centrée sur la coopération économique notamment dans les domaines de l'agriculture, du commerce, de la communication, des transports et des infrastructures.

Pour relancer les échanges économiques

Plusieurs accords ont été signés entre les deux pays mais les échanges économiques restent encore très timides. La première visite de travail et d'amitié du raïs égyptien en terre gabonaise devra changer cette donne. D'ailleurs, les deux Etats africains ont plusieurs points en commun en matière de politique d'ouverture notamment sur les allègements fiscaux pour attirer davantage d'investisseurs étrangers.

Au cours des dix dernières années, le pays d'Ali Bongo s'est imposé comme une destination pour des investissements directs étrangers. Dans ce domaine, le pays d'Afrique centrale qui ne cesse d'offrir de nouvelles facilités en termes d'opportunités sur le marché national, a vu son classement nettement s'améliorer.

L'Egypte est également dans cette même dynamique. Depuis son arrivée au pouvoir en 2014, le général Al-Sissi n'a jamais cessé de multiplier les initiatives pour attirer les IDE. D'ailleurs ce dimanche 14 août, les autorités égyptiennes ont annoncé une nouvelle loi prévoyant un raccourcissement des délais de délivrance des permis afin de faciliter l'implantation d'installations industrielles dans le pays. Mais il faut croire que c'est une énième opération de charme pour amadouer les investisseurs étrangers y compris bien entendu, les hommes d'affaires africains encore très indécis sur la destination Egypte.

Le pays a organisé en 2015 une conférence économique dans le but de lever une enveloppe de 20 milliards de dollars d'investissements étrangers. Si les pays du Golf et les Etats Unis d'Amérique ont signé plusieurs protocoles d'accord avec le pays d'Afrique du nord, la contribution des voisins africains de l'Egypte reste encore très modeste.

Lutte contre le terrorisme

Il faut également signaler que le pays des pharaons ne se rapproche pas de ses voisins africains uniquement dans un cadre économique. La coopération dans la lutte contre le terrorisme est un domaine qui intéresse les égyptiens. C'est tout le sens d'ailleurs de la visite d'Al-Sissi au Tchad qui s'inscrit également dans le cadre de cette tournée africaine. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi semble impuissant face à la menace islamiste dans son pays. Idriss Déby qui est encore très « fougueux » à l'égard des djihadistes est un allié de guerre incontournable pour combattre la contrebande d'armes vers la Libye puis l'Egypte.

Mais le président Tchadien n'est pas le seul allié sur qui le raïs doit compter en Afrique. Al Sissi est élu président en 2014 avec 96,9% des suffrages dans son pays mais son poids au sein de l'Union Africaine et ses relations avec ses pairs africains ne sont pas à la hauteur de son grade « militaire ». Le passage du général au Rwanda, un pays que dirige le prochain président de l'UA, Paul Kagamé nouvellement réélu chef d'Etat, peut donc être considéré comme une action diplomatique dans ce sens.

LT

Au moins une personne a été tuée et 29 blessées jeudi soir au Burundi par l'explosion de grenades dans deux bars à vin d'un quartier populaire du centre de la capitale Bujumbura, a-t-on appris vendredi de source policière.

Les deux grenades ont explosé quasi simultanément dans les deux bars, très fréquentés en début de soirée et situés dans des rues différentes. "A 20H00 (18H00 GMT), jet de deux grenades dans deux bars de vin de banane" dans le quartier de Buyenzi, a annoncé sur Twitter le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye.

La première explosion dans un bar de la 21e avenue a fait un mort et 12 blessés, tandis que la deuxième, dans un bar de la 29e avenue, a fait 17 blessés, selon M. Nkurikiye.

Le Burundi est régulièrement le théâtre d'attaques à la grenade depuis de nombreuses années.

Mais celles-ci se sont multipliées avec la grave crise politique émaillée de violences que vit ce pays depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année. Pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité de ces crimes qui ne sont jamais revendiqués.

Les violences ayant accompagné cette crise politique ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l'exil plus de 400.000 Burundais.

AFP

Le président chinois Xi Jinping et son homologue rwandais Paul Kagame. Photo d'archives

BEIJING, (Xinhua) -- Le président chinois Xi Jinping a adressé mardi un message de félicitations à son homologue rwandais Paul Kagame après sa réélection à la tête de ce pays d'Afrique centrale.

"J'attache une grande importance aux relations sino-rwandaises et souhaite travailler avec vous à la promotion de la coopération amicale sino-rwandaise afin qu'elle engendre davantage de succès dans l'intérêt des deux pays et de leurs deux peuples, ainsi qu'à l'élévation continue du niveau des relations sino-rwandaises", indique-t-il dans son message.

Paul Kagame a été très largement réélu président du Rwanda dimanche dernier.