Lire nos articles en différentes langues ici

 

Burundi : à quand la mise en application du RECOS ?

Les femmes qui pratiquent le commerce transfrontalier de la zone Gatumba, commune Mutimbuzi, réclament la mise en application du Régime Commercial Simplifié, RECOS. Inquiètes de la baisse de leurs activités de commerce transfrontalier, ces femmes qui passent par la frontière Gatumba-Kavimvira estiment que, pour un commerce transfrontalier durable, il faut que le RECOS soit signé et mis en application au Burundi.

Les femmes commerçantes transfrontalières estiment qu’elles travaillent actuellement dans des conditions dures.

 « Nous sommes perturbées dans nos activités. Récemment, Le gouvernement du Burundi a décidé de ne plus faire le commerce transfrontalier des produits vivriers qui partent de Gatumba vers la ville d’Uvira. Depuis ce moment, je peux dire que les femmes qui pratiquent le commerce transfrontalier ont été découragées par cette décision. Ce n’est même pas une loi car on ne trouve nulle part où elle est écrite. Pour moi, cette décision a été injuste et a fait que le phénomène de fraude reprenne alors que nous avions été sensibilisées par l’Association des Femmes Rapatriées sur les inconvénients de la fraude. Pour que le commerce transfrontalier reprenne, il faut que la loi qui autorise la mise en application du Régime de Commerce transfrontalier soit appliquée. C’est dans cette mesure que les femmes qui pratiquent le commerce transfrontalier reprendront leurs activités avec vigueur», estime  Ida GACUTI, commerçante  transfrontalière de la zone Gatumba.

Le RECOS présente généralement beaucoup davantage pour les commerçantes transfrontalières du pays

En effet, le Burundi n’a pas encore signé la mise en application du Régime de Commerce transfrontalier, le RECOS. Le Récos est un programme lancé par le COMESA en vue d’aider les petits commerçants transfrontiers qui font commerce de petites quantités de marchandises, à augmenter leurs activités. 

Il a pour but de simplifier les procédures de dédouanement et de réduire le coût des transactions commerciales en permettant aux marchandises des petits commerçants transfrontières de bénéficier de l’élimination des droits de douane et de traitement préférentiel du COMESA sur les marchandises qui figurent sur les listes communes. Ce projet a été mis en œuvre dans le cadre du projet de Facilitation du commerce dans la région des Grands Lacs, appuyé par le Groupe de la Banque Mondiale. 

L’objectif du projet est de faciliter le commerce transfrontalier à petite échelle, et plus particulièrement celui des femmes, à des postes-frontières choisis entre l’Ouganda, la République démocratique du Congo et le Rwanda.

« La mise en application du Régime Commercial simplifié par le Burundi est plus qu’une urgence. Cela permettra la reprise du commerce transfrontalier au niveau du poste Gatumba-Kavivimvira car, à l’heure qu’il est, le commerce transfrontalier qui se pratique entre Gatumba-Kavivimvira est vraiment timide », estime Protais Nizigiyimana du Bureau d’Informations Commerciales de Gatumba.  

Protais Nizigiyimana ajoute : « Le Recos présente plus davantage d’ailleurs pour les commerçantes transfrontalières. Il s’agit entre autres de la simplification et la clarté du processus de franchissement des frontières avec les marchandises pour le commerçant et les fonctionnaires de la frontière. Le Recos présente aussi une meilleure connaissance, par le commerçant, de ses droits et obligations résultant d’une réduction des pots-de-vin aux fonctionnaires des frontières et dans les cas de trafic de marchandises à travers les frontières, le paiement du montant correct des droits ; la réduction des cas de harcèlement, de saisie et de perte de biens. Il y a aussi  le coût et l’heure de la compensation des biens qui sont réduits, contribuant à la baisse des prix des biens et augmenter les gains pour le commerçant », conclut Protais Nizigiyimana.

Selon Thierry Habyarimana, Vice-président de l’Association des commerçants transfrontaliers du Burundi : « Le Recos est déjà mis en œuvre au niveau de la Rd Congo et du Rwanda. Donc, dire que les femmes qui font le commerce transfrontalier réclament la mise en application de ce régime, c’est tout à fait normal. Le Recos présente des avantages pratiques dans le commerce transfrontalier. Il s’agit d’une politique commerciale de haut niveau, pensée spécialement pour les petits commerçants transfrontaliers. En ce qui nous concerne, nous sommes déjà à l’œuvre dans le travail de plaidoirie et espérons que d’ici peu, nous serons entendus. Nous prions que ces femmes qui pratiquent le commerce transfrontalier retrouvent encore du courage car même si le Recos sera mis en œuvre, cela vaudra la peine qu’elles l’exploitent étant toujours au travail’’ conclut Thierry Havyarimana, Vice-président de l’Association des Commerçants transfrontaliers du Burundi, A.C.T.F en sigle.

 Le Recos concerne en effet de nombreux ressortissants des États membres du COMESA et constitue par conséquent une bonne source de revenus pour de nombreuses personnes, en particulier des femmes. Multiplier les possibilités d’échanges commerciaux et en diminuer les coûts se traduit donc par plus d’emplois et plus de revenus et par une amélioration des conditions de vie des commerçants qui peuvent acheter plus de nourriture et envoyer leurs enfants à l’école, leur ouvrant ainsi la voie à un avenir meilleur.

Gaudence Uwineza | iphame Bujumbura

Calendrier

« September 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30