Lire nos articles en différentes langues ici

 

Un nouveau système d’information contre les conflits fonciers en Tanzanie

Le gouvernement de la Tanzanie a présenté vendredi 2 février 2018 un projet de Système intégré d’information sur la gestion des terres à Dar es Salam. A terme, ce projet va permettre à réduire le nombre de conflits fonciers.

Avec le lancement officiel du projet du Système intégré d’information sur la gestion des terres (Ilmis) à Dar es Salam, la capitale tanzanienne, le gouvernement tente de prévenir les conflits fonciers que connait le pays. Cette initiative est parrainée par le ministère tanzanien des Terres, du Logement et du Développement des établissements humains. D’après Shaban Pazi, directeur des Technologies de l’information et de la communication, rattaché au ministère des Terres, ce système en ligne devrait contribuer à réduire l’insécurité foncière, fournir des services d’administration foncière abordables et fiables au client et réduire les délais de vérification et de mise à jour des transferts de titres fonciers. « Cette initiative permettra de réduire la corruption associée aux contrôles, à l’enregistrement et au transfert des titres, tout en améliorant la confiance du public dans le système d’administration des biens fonciers », a expliqué le responsable. Qui appelle les citoyens à s’approprier cet outil afin d’éviter les litiges fonciers inutiles et les conflits entre individus, familles et communautés autour des terres. A l’en croire, le nouveau système permettra également aux propriétaires fonciers de sécuriser l’accès à l’information par le biais de leurs ordinateurs et smartphones.

Si l’on se fie à ses fonctionnalités, le système intégré d’information sera d’une grande importance pour les autorités dans la gestion des multiples conflits portant sur le foncier dans le pays. Une situation si grave que le Parlement européen avait exigé en mars 2015 une entière transparence et la reddition des comptes pour tous les contrats et transactions portant sur l’acquisition des terres. Cette décision du Parlement du vieux continent intervient après la réaction de la communauté internationale qui avait évoqué en 2013 des violations de droits de l’homme en raison de l’opacité entourant l’acquisition de terres sur une vaste échelle, le déplacement de communautés locales et l’impact négatif de cette politique pour la Tanzanie et sa population dans le domaine socio-économique et sur l’environnement.

Pour rappel, le gouvernement tanzanien avait demandé en novembre 2014 à des dizaines de milliers de semi-nomades massaï de quitter le territoire qu’ils occupent pour le céder à des émirs du Golfe afin d’y pratiquer la chasse. Une décision qui avait provoqué l’indignation des populations concernées, au point qu’un camp de touristes avait été incendié dans la région du Kilimandjaro.

Moctar FICOU / VivAfrik

Journal Ukuri n°135

Calendrier

« October 2018 »
Mon Tue Wed Thu Fri Sat Sun
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31